Machine qui m’a fait rêver

Avis sur Machine qui rêve - Spirou et Fantasio, tome 46

Avatar Sombracier
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Il y a des albums qui marquent profondément. Œuvre magistrale de Tome et Janry, sans doute l’une de leurs plus belles réussites, mais aussi la plus controversée, Machine qui rêve fut une parenthèse dans l’univers de Spirou et Fantasio. Mais quelle parenthèse ! Comment ne pas être marqué par ce titre, cette couverture ou ce scénario ? En 1995, la série était sans aucun doute à son apogée, grâce à un scénariste et un illustrateur de génie, que je considère comme les références pour Spirou et Fantasio : des histoires agréables, des dessins vivants et des personnages plus attachants que jamais. Comment oublier les aventures à New York ou à Moscou ? Des personnages comme Vito le Déveine ou encore sa fille dans l’inoubliable Luna Fatale ?

Commençons par le commencement : la couverture de l’album est une merveille, l’une des plus intrigantes, entrainantes et profondes que j’ai pu voir. Comment ne pas être subjugué par cette expression de surprise qui semble figée dans l’éternité ? Et par ce titre, qui évoque une infinité de possibilités dans la science-fiction ? Machine qui rêve m’a fait rêver quand j’étais haut comme trois pommes et continue de le faire. Avec un mélange entre ce titre et cette couverture, Tome et Janry s’approchaient pour moi de la perfection.

Cet album n’a apparemment pas plu à de nombreux fans. Pourquoi ? Car le duo aux manettes décida d’insuffler un nouveau souffle à la série, ce qui se traduisit par un scénario et des dessins à la fois plus sombres et réalistes. Mais terriblement justes.

Les dessins, parlons-en justement. Il faut bien avouer qu’un petit effort doit être fourni pour reconnaître Spirou sans son habituel costume. Mais quel virage ! Et surtout quelle noirceur dans un univers jusque-là bien coloré ! Janry s’est dépassé pour nous montrer l’étendue de ses talents.
En terme de scénario, l’idée de base est à mon sens vraiment bonne (ça pourrait même faire un bon film, d’ailleurs il y en a un qui s’en inspire un petit peu). La mise en abyme au début de l’album est également très intéressante et reste pour moi un passage marquant de cette BD. Le rapport du titre à l’histoire est un peu faussé (ATTENTION, SPOILER) car il s’agirait plus de clone ou éventuellement d’androïde mais ça n’aurait pas eu le même charme. Clone qui rêve ? Moins percutant, indéniablement.

Alors au final, que retenir de cette œuvre ? D’abord, qu’elle a entraîné dans sa tombe la plus belle période de l’histoire de Spirou de Fantasio. Ensuite, qu’elle restera sans doute une des plus grandes réussites de Tome et Janry, malgré un certain constat d’échec à sa sortie (5 ans pour attendre de nouvelles aventures). Enfin, qu’elle aura été une parenthèse marquante pour beaucoup de gens, que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons, et moi en particulier, ce qui me fait placer cet album dans le top 3 de mes BD préférées. Simplement pour cette ambiance particulière que l’on retrouve tout au long de l’album et qui tranche finalement avec l'ultime planche, si belle, et qui n’est pas sans me rappeler la dernière du tome 4 de Sillage.

Machine qui rêve, peut-être. Machine qui m’a fait rêver, c’est certain.

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