Salut à tous,
Il s’en est fallu d’un cheveu sur ce coup-là pour que Jéjé tire sa révérence, mais après moulte péripéties, j’ai tenu bon. Et je me dis que je vous dois des explications :
Tout ne tient qu'à un fil. Tout a commencé avec Jéjé, accompagné de sa merveilleuse compagne, sur le parking d'une grande surface. Alors que je tenais le caddie, une voiture a fait marche arrière pour sortir de sa place, mais la conductrice n'a pas regardé derrière elle. Sa voiture m'a tapé dans le dos et je me suis retrouvé allongé sur le sol.
Ma compagne bondit sur la portière de la conductrice, tandis que je me relève. J'avais le dos qui me titillait, mais très légèrement, pas grand-chose, me suis-je dit. Je calme le jeu : plus de peur que de mal. La conductrice s'excuse sincèrement et je la laisse partir.
Je sais, à ce moment de l'histoire, certains se disent : « Mais enfin Jéjé, tu ne prends pas ses coordonnées ou au moins son immatriculation ? »
À dire vrai, cela ne m'a pas du tout traversé l'esprit. Je me sentais bien sur le moment. Si seulement...
Arrive le soir. Je me mets au lit et là, je ressens comme un « clac » dans le dos. Et derrière survient une terrible douleur, avec le souffle coupé. Surtout, me voici totalement paralysé du côté gauche, du talon jusqu'au-dessus des hanches. Impossible de me mettre sur le côté ou de l'autre côté, impossible également de m'asseoir. Je ne peux que rester sur le dos. Avec, en prime, une hypersensibilité : à peine me touche-t-on que je hurle de douleur.
Arrivé à l'hôpital, on découvre un gros bleu dans mon dos et, surtout, le plus problématique : deux vertèbres qui compriment directement ma moelle épinière.
Je vais rester trois semaines à l'hôpital. Deux semaines durant lesquelles je suis condamné à rester allongé sur le dos, sans pouvoir faire grand-chose. On me fait deux infiltrations, ainsi que d'autres traitements, pour essayer de me débloquer.
La dernière semaine sera consacrée à la rééducation, jusqu'à ce que je puisse au moins m'asseoir et marcher quelques mètres avec un déambulateur. En gros, le minimum nécessaire pour que je puisse me débrouiller seul une fois rentré à la maison.
J'arrive à la maison et j'entreprends ma première semaine de rééducation chez moi. Je prends ça avec beaucoup de sérieux : je veux guérir et enfin reprendre ma vie, avec mon travail. Je me dis qu'après cette première semaine, je reviendrai partager tout ça avec vous sur SensCritique.
Sauf que problème : arrive le lundi et mon pied me fait très mal. Sur le moment, je me dis que j'ai dû trop forcer durant les exercices et qu'une journée entière de repos remettra tout ça dans l'ordre. Seulement, le lendemain, la douleur est toujours là, et même plus forte.
Arrive mercredi. Je me réveille et voilà que mon pied a énormément gonflé. Sur le moment, je me dis : « Voilà pourquoi j'ai mal. Je me suis foulé la cheville, probablement durant mes exercices. »
Ma compagne me dit alors : « Attention de ne pas faire une phlébite. »
Ne sachant absolument pas ce que cela implique, je fais mon obtus et lui réponds que non, c'est une foulure, et que tu verras que d'ici deux jours, ça ira mieux.
Arrive jeudi : le pied est toujours gonflé et la douleur toujours intense.
Puis arrive vendredi. Mon pied est toujours gonflé, mais ce jour-là, je n'ai presque plus aucune douleur. Cela me rassure, et je consacre de nouveau ma journée à faire des exercices.
Monumentale erreur !Arrive le soir et voilà que je commence à avoir des douleurs entre les côtes et que mon souffle devient de plus en plus court. Sur le coup, je pense à des douleurs intercostales et je me dis que demain, ça ira mieux.
Arrivé dans la nuit de samedi, j'ai la tête qui tourne. Mon bras droit me fait mal et, à chaque respiration, j'ai l'impression qu'on me poignarde.
Là, je comprends qu'un truc grave est en train d'arriver.
Avec ma compagne, nous nous retrouvons de nouveau aux urgences. Après quelques examens, le médecin de nuit arrive, l'air grave, pour nous annoncer que mon pied avait bien fait une phlébite, qui avait produit plusieurs caillots de sang. Trois d'entre eux étaient remontés jusqu'aux poumons, provoquant une embolie pulmonaire, et un autre se trouvait à deux centimètres du cœur, provoquant un infarctus pulmonaire.On nous dit que le temps presse et que je dois être pris en charge immédiatement.
Et avant cela, voilà que le médecin nous annonce, sur un ton très grave, qu'il nous laisse dix minutes ensemble, le temps de tout préparer. En clair, il nous laisse, à ma compagne et à moi, le temps de faire le point au cas où je venais à mourir, car la nuit allait être décisive.
L'angoisse totale.
À la base, je venais aux urgences pour un pied, et voilà que je me retrouve avec tout ça.
Je vous épargne les détails, mais je m'en sors. Best of the best Jéjé !
Et voilà que, deux jours plus tard, mon médecin découvre comment tout cela avait pu arriver. Finalement, il s'est avéré que l'autre médecin que j'avais eu lors de mon premier passage aux urgences avait oublié de prescrire, dans ma liste de médicaments, des anticoagulants. Des anticoagulants justement prescrits pour éviter les phlébites.
Pas de bol Jéjé !
M'enfin, maintenant je rentre enfin chez moi avec plein de traitements assez lourd, donc le temps de m'y faire et d'avoir la tête suffisamment logique, ensuite je vous retrouverai tous sur le site. Maintenant, je me repose un peu pour mieux revenir, sachant que je vois que j'ai beaucoup de critiques et listes à rattraper. J'effacerai ce message, à mon retour.
Surtout, je tenais à tous vous dire sincèrement merci pour vos nombreux soutiens. J'ai pris le temps de tout lire, et ça m'a fait beaucoup de bien. Je vous remercie pour vos conseils, qu’ils soient juridiques, ou liés à la santé, et même à ceux qui m’ont proposé de venir chez moi pour m’aider.
Je vous en suis tous sincèrement reconnaissant. ❤️
Merci