Une histoire de Sexe et de Sang
Deuxième album que je lis de cet auteur. Toujours le même procédé. Toujours le même ton.
Le procédé? C'est la photographie retouchée, redessinée, recomposée. Ca donne une espèce de réalisme surréaliste. Les cadrages sont superbes. Les tons de noirs, de gris et de blancs s'équilibrent à merveille. Petit hic : le découpage pas toujours clair. Forcément quand on travaille à partir de photos piquées ailleurs, c'est pas simple de composer le cadrage idéal. Pour palier à ce problème, l'auteur compense par de longs monologues explicatifs. En plus, les tronches sont parfois difficiles à identifier. le dessin pur aurait permis de mieux distinguer les personnages, nombreux de surcroît.
Pour en revenir aux voix off et autres monologues, ça peut devenir un peu ennuyant, mais ça colle tout de même avec le genre : film noir. Je conserve cette expression cinématographique parce que justement ces bandes dessinées ont un petit quelque chose qui rappelle ce médium, certainement les photos. L'ambiance aussi. Donc voilà, on est en plein dans une histoire de détective, de femme fatale, de trahison, d'entourloupes pas possibles. C'est compliqué parce que ça manque un peu de clarté dans le découpage et de diversité dans les personnages, mais les textes aident à s'y retrouver.
Et puis l'intrigue est finalement faussement complexe. En fait, la trame se résume à de simples règlements de compte et autres trahisons. Aussi alambiqué le chemin puisse t il paraître (qui? pourquoi?) au final il n'y a que cela à retenir : on couillonne un détective parce qu'il est nul, et finalement il comprend trop de choses alors faut l'éliminer. Le reste n'est que fioriture. C'est un peu dommage. Le scénario est carrément faiblard en fait. Mais ça en jette visuellement. Alors ça reste chouette à lire.
Bref, Paris-Fripon est une BD particulière visuellement mais qui souffre d'un scénario mal ficelé. Un divertissement honorable.