Les mésaventures de Ric Hochet
J'étais plutôt emballé par la présentation de l'album faite par l'auteur. Il faut avouer qu'il en parle plutôt bien à priori, et puis, étant un fan de détournements, le projet ne pouvait que me plaire.
Et pourtant ce fut la déception. L'album n'est pas aussi bien que le laisse penser Vandermeulen. Le problème vient que les cases s'enchaînent un peu n'importe comment, j'imaginais un peu plus de mise en scène ou au contraire un peu moins. Puis ça devient très vite répétitif et je ne suis pas convaincu des différentes thématiques abordées. A vrai dire ce n'est qu'à la fin, les deux ou trois histoires qui cloturent l'album, que j'ai un peu mieux apprécié l'album. L'auteur ayant commencé par ce qui est le plus évident, voire facile, il ne lui restait plus qu'à se creuser les méninges. Cette longue chute de Ric, par exemple, n'est pas dépourvue de défaut, mais on y trouve quelque chose de bien plus poétique et comique que dans l'acharnement pour lui donner des coups de poing.
Je pense aussi que le discours de l'auteur autour de cet album est, à postériori, prétentieux à crever et à côté de la plaque. L'auteur cite des artistes contemporains en référence qu'on ne retrouve pas vraiment dans l'album. J'avais déjà pu m'apercevoir qu'il était un brin prétentieux lors d'une conférence qu'il a donnée; il confirme cette attitude par ce discours pompeux sur une pratique artistique ludique. Il y a erreur mon cher Watson!
Bref, l'exercice n'était pas simple, mais l'auteur a quand même réussi son détournement, sans grands fracas, certes, mais bon. Disons qu'avec un peu plus de réflexion, et en allant au delà du plaisir personnel, il y aurait eu moyen de faire beaucoup mieux à l'instar d'une classe américaine qui reste encore aujourd'hui inégalée (encore que Mozinor en a sorti quelques bons) (et enfin il faut aussi que je vois Les cadavres ne portent pas de costards avec Steve Martin) .