SOB Comics, c'est
du fanzine français made in terroir avec grâce par Boris Mirroir.
Un court volume comprenant deux essais séduisants de noir et blanc propre, soigné et efficace, sans autre prétention que de divertir et de se faire passeur d'émotions en surface sans appuyer. De refléter notre époque en douceur.
Avec finesse.
Les premières pages sont consacrées à l'introduction explicative situationniste de ce qui a amené l'auteur à nous livrer,au fil des pages suivantes, l'adaptation faussement naïve d'une chanson de Mike Peck, Miss Me (en écoute sur soundcloud.com/clarilelemike). Une case d'illustration claire, trait rond et précis, une case de texte en vo sous-titrée, l'auteur se reflète derrière le texte
avec une forme de pudeur séduisante et tendrement drôle.
Ce court one-shot agit là avec un certain charme.
La suite plonge
un jeune antihéros masqué dans le ventre de la terre
où il vient prendre un métro. Le gamin se retrouve seul et décontenancé face à un couple de lesbiennes punks – une page de sexy glauque – avant de perdre littéralement sa vie au Tetris. Ces Bluffantes Aventures du Garçon Nommé Wander intriguent, réussissent sans dialogue à créer un univers simple, lisible, et nous invitent à nous procurer rapidement la suite de ces pages qui mêlent absurde et tendresse avec talent.
Rien d'un ouvrage de référence,
la légèreté de son ambition mesurée,
SOB Comics se fait récréation pour le lecteur qui se regarde dans le travail clair et pourtant subtil, minutieux, de Boris Mirroir, auteur et dessinateur que je découvre avec sympathie.
Un jeu de reflets, de regards tendres, à découvrir avec plaisir.