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De la course hippique au pèlerinage mystique

Avis sur Steel Ball Run - Jojo's Bizarre Adventure, saga 7

Avatar Saint-Just
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Globalement j’ai trouvé la saison bonne, voir même très bonne. J’ai beau chercher dans ma mémoire je ne trouve pas énormément de choses à lui reprocher alors que tout est encore frais pour moi étant donné que je viens a peine de finir l’arc au complet. J’émettrais seulement un petit bémol sur Valentine mais j’y reviendrais plus bas. Il y a bien quelques passages purement "fans services" qui n’étaient pas forcément nécessaires comme l’apparition de certains visages connus d’anciennes saisons mais rien qui ne nuit grandement à l’ensemble. Je pourrais peut être reprocher à Araki d’avoir aussi créé une sacrée ribambelle de personnages torturés avec un passé artificiellement assombrie pour faire miroiter une teinte dramatique à l’ensemble. Ça ne m’aurait pas trop dérangé si le trait n’avait pas été aussi forcé mais d’un autre coté cela sert aussi le scénario ainsi que le thème principal de cet arc : La quête. Sans oublier que cela amplifie le coté mélancolique de cette saison qui se voulait sans doute moins frivole que les précédentes d’où l’absence quasi-totale d’humour.

Steel Ball Run est vraiment un bon cru, c’est incontestablement un arc réussi. Je ne m’étendrais pas longuement sur les points classiques qui font d’une saison de Jojo qu’elle sera appréciée par les fans mais citons les tout de même pour la forme. Premièrement le contexte spatio-temporel, cela a été mainte fois dit et répété mais c’était vraiment ingénieux de la part d’Araki de poser son histoire dans l’Amérique du Far West en rendant au passage un hommage aux westerns (ce qui est assez rare dans l’univers du manga pour le souligner). Idem pour les combats entre les héros et les manieurs de Stands dont beaucoup sont très réussis et tiennent le lecteur en haleine. Pour ma part je citerais comme les meilleurs affrontements (pas forcément dans l’ordre) les combats contre la famille boom boom, Mr Robinson, Oyecomova, Mandom, Tatoo you, Civil War, et bien sur D4C.

D4C justement parlons-en un peu. Ou plutôt Valentine son manieur et accessoirement dernier boss de l'arc. J'aime bien ce personnage je le trouve intéressant et il occupe une position assez insolite qui lui offre énormément de possibilité qu’Araki aura su bien exploiter dans l'ensemble. Cela dit j'ai trouvé que sa fin a été "manquée" dans le sens où il loupe de peu de marquer les esprits au fer rouge lors du dernier face à face avec Johnny au moment où il manque à sa parole… En effet il fait une promesse à Jojo en lui disant qu'il ne cherchera pas à l'abattre si le héros poursuit la mission qu'il lui a confié. C'est a ce moment que Valentine se mets à faire un discours emplie de patriotisme et de fierté nationale pour convaincre son vis-à-vis d’adhérer à sa cause. D’une manière inattendu il se met à dévoiler le fond de sa pensé politique en livrant au héros de même qu’au lecteur sa profonde utopie et sa vision de l’Amérique. Ce qui d’une certaine manière le rendait crédible et nous faisait presque prendre parti pour lui. En tout cas en ce qui me concerne, en tant que lecteur, j’ai finis par lui faire confiance et son discours patriotique et conservateur (dans le bon sens du terme) m'avait touché. C'est quelques choses d'assez rare dans le manga qui est un média qui aborde rarement la question nationale de façon aussi claire et encore moins de manière sérieuse. Makoto Shishio dans Kenshin le Vagabond et Chiaki Asami de l’excellent seinen Sanctuary abordaient ce thème avec brio et c'était là une belle occasion de propulsé Funny Valentine au rang des grands boss du shonen manga au vu de sa conscience politique. Malheureusement c'était une ruse pour berner Jojo… Je suis tombé dans le piège avec le héros de l'histoire et ca m'a déçus. Il n'empêche que c'était un beau combat, très intense avec beaucoup de suspens et qui manque la perfection de peu.

Mais c’est surtout dans le traitement des personnages principaux, leurs évolutions et le background global que se situe la vraie plus-value de Steel Ball Run. Quand je parle de personnages principaux je fais surtout allusion aux deux compères, Gyro Zeppelli et Johnny Joestar ainsi qu’a Lucy Steel. J’ai beaucoup apprécié l’espèce de complicité qui va germer entre ces trois protagonistes pour se transformer au cour de l’histoire en une véritable amitié sans parler des autres personnages secondaires ayant tous un parcoure bien particulier (et travaillé) et qui partagent tous le fait d’avoir une blessure profondes qui les poussent à participer à la Steel Ball Run.

Bien au-delà des personnages et de leur implication scénaristique, j’ajouterais dans les points qui m’ont fait apprécier cette partie, la volonté pour l’auteur de continuer son "délire mystique" (déjà initié dans l’arc précédent Stone Ocean) en abordant le thème de la quête (ou du voyage). Notamment au travers du héros principal, JoJo, qui au départ nous est présenté comme un narcissique imbu de sa personne et qui au fil de l’aventure et de son périple en compagnie de Gyro va progressivement évoluer pour gagner en maturité et en sagesse au point de développer une conscience métaphysique voir religieuse au contact de la nature dans une sorte d’odyssée romantique. Il terminera son parcoure de la plus belle des manières en entamant un genre de Pèlerinage spirituel avec sa canne et son cercueil contenant le corps de la personne qui lui est le plus cher vers des horizons qui lui sont inconnus… Tout comme Joseph d’Arimathie transportant le fameux saint corps 2000 ans avant lui (vu en introduction de l'arc). Avec cette fin la boucle est bouclée comme on dit.

C’est un aspect ou Steel ball Run se démarque non seulement des autres arcs da la saga mais aussi du style Shonen dans son ensemble et c'est classe.

8/10 - Référence

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