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Human bomb
Akira a ceci de commun avec Le Petit Prince qu’à chaque relecture il prend une nouvelle dimension. Akira à ceci de différent du Petit Prince que pour Akira c’est vrai. En littérature on appellerait...
le 21 juin 2013
Je crois avoir fait la pire des choses sur ce manga : je me suis forcé à le finir. Et non... jusqu'à la fin... j'ai pas accroché quand bien même tout me faisait décrocher.
C'est dommage parce que le dessin est hallucinant. Il est net, précis, détaillé... particulièrement riche et abondant en informations. Les cadrages sont travaillés et les décors sont assez médusants (même le plus anodin comme une simple petite conciergerie sera reproduite sous plusieurs angles de vue avec un respect quasi maladif de chaque petit détail de structure).
Y a pas à dire Katsuhiro Ôtomo est un dessinateur franchement hallucinant en ce qui concerne les décors.
Les personnages sont bien dessinés eux aussi... il est cependant dommage parfois de constater une trop grosse ressemblance entre deux personnages (je me suis surpris par moment à confondre Kaneda et Kei tant cette dernière est dessinée par moment avec des traits de garçons... et vice versa avec Kaneda qui me fait penser à une fille. (le problème vient surtout du fait que les deux personnages ont quasimment la même coupe de cheveux)
Mais bon c'est un détail... et c'est pas ça qui m'a fait mettre 5/10 à un manga qui visiblement vaudrait 9/10 ou 10/10 selon le consensus.
Non... c'est le scénario.
Le scénario... j'ai eu l'impression de me heurter à un mur sur tous les plans.
Et le problème commence dés le début : Y A PAS UN SEUL PERSONNAGE QUE JE TROUVE ATTACHANT.
Kaneda ? Un insupportable morveux qui n'aspire qu'à 2 choses : conduire sa moto et se tapper Kei. Visiblement lui et Tetsuo sont des amis d'enfance... mais à aucun moment on les soupçonne d'avoir partagé une quelconque amitié étant donné qu'ils passent le plus clair de leurs temps à se chercher, à s'insulter voir même à se vouer une mort certaine.
Kei ? Elle fait partie du groupe de rebel. Voilà... c'est tout ce qu'il y a à savoir sur elle. Elle passera son temps à s'engueuler avec Kaneda (qui n'arrête pas de la harceler puisqu'il veut se la faire)... et pourtant visiblement vers la fin... elle va commencer à éprouver des sentiments pour lui. Ok... je pige pas trop comment ça se passe dans sa tête à cette fille mais tant pis.
Et Tetsuo ? C'est clairement le plus intéressant des 3 personnages principaux... l'ennuie, c'est que le manga passe le plus clair de son temps à le montrer énervé, souffrir comme un dingue et se confronter à un pouvoir qui le dépasse... sans trop nous en dire plus sur ce fameux pouvoir... donc trés difficile de comprendre ses motivations.
Et du coup, je me suis retrouvé face à un problème : dés le début, IMPOSSIBLE de m'attacher à un seul de ces trois personnages. Mais je suis têtu... je me suis forcé.
Et ça a été de mal en pire... pour le personnage principal, à savoir Kaneda. Y a pas un moment où je n'ai pas envie de frapper Kaneda tant son idiotie est affligeante. Il hurle beaucoup. S'agite beaucoup. Mais fait pas grand chose d'utile à part provoquer 4 catastrophe à chaque heure. Parfois on le verra s'exclamer pour dire des choses aussi inutile que : "Tu as vu ceux qui viennent de passer ? Ils étaient 6 sur une seule machine !" (SANS DECONNER KANEDA ? Je crois avoir vu le dessin comme toi tu sais ?). Je ne comprends pas pourquoi Katsuhiro Ôtomo (qui pourtant dessine comme un dieu) a besoin de faire commenter à son personnage principal tout ce qui est illustré. Si 1 bon dessin vaut 1000 mots... alors pourquoi gâcher des lignes de dialogues inutiles pour paraphraser le dessin ?
Le manga a l'air d'avoir tellement de choses à raconter ! La politique, la religion, le social, l'humain, le totalitarisme, l'anarchie, le nucléaire, la guerre, la révolte de la jeunesse, le mal-être de l'enfance... on sent que Akira veut parler de tout ça... mais pourquoi ai-je l'impression que le mangaka n'en parle qu'en surface ? Pourquoi nous saouler avec ces interminables courses poursuites où Kaneda poursuit Tetsuo qui se fait poursuivre par les militaires qui sont poursuivis par les rebels dans des scène d'action (pleines d'énergie... je le reconnais) qui en viennent à nous faire oublier le comment du pourquoi tout à commencé.
Tout ça à cause d'un simple problème : un manque flagrant d'exposition. On est là pour suivre le présent sans le moindre temps mort. Pas le temps de raconter le passé. Ou si parfois on le raconte (ce que fera en partie la vieille dans le 2ème partie du manga) on sera vite interrompue pas une énième scène d'action impromptue (c'est à croire que Katsuhiro Ôtomo déteste les explications).
Alors après... je ne suis pas un grand adepte des BD qui expliquent tout. Surtout quand il s'agit de SF...
Mon manga préféré, BLAME!, est cryptique au possible. Pas de soucis ! Mais là où Tsutomu Nihei est fort... c'est qu'il fait confiance à son dessin pour sa fonction narrative. Quand ses personnages parlent (ce qui est rarissime) c'est pour leur faire dire des choses avec un sens extrêmement caché... voir enigmatique... et donc du coup, on en vient à se poser des question sur les mots prononcés. Et du coup... le lecteur cojite et se pose des questions.
Katsuhiro Ôtomo fait l'exacte inverse : il fait tellement commenter ses personnages sur l'instant en cours ("Ils vont nous rattraper !" "Tu sens mauvais !" "Ils nous poursuivent !") qu'on a même plus envie de lire les dialogues... et lorsque ces derniers pourraient nous éclairer un peu sur le background (l'histoire des enfants cobayes de l'experience militaire...) et bien le dialogue est avorté par Kaneda, Tetsuo ou kei qui débarquent avec un flingue et qui foutent le boxon partout... et c'est reparti pour une énième pétarade de 50 pages...
Et c'est comme ça tout le temps. Y a pas de temps morts... et c'est là le problème : y en a aucun.
Et quand on espère des interactions entre les personnages... c'est zero. Kaneda passera son temps à harceler Kei, Kei de courir après Kaneda et Tetsuo de jurer qu'il veut tout détruire. Voilà... du character developpement de qualitay !
Par exemple, lorsque Tetsuo est avec Akira... ben y a zéro interaction, parce qu'Akira... ben il parle pas. Ben... ok... c'est con, parce que c'est le seul que j'aurais bien aimé voir un peu causer vu que c'est lui le prétexte de toute l'histoire.
Il n'y a que le colonel pour lequel j'ai ressenti un minimum d'attachement : j'avais l'impression de voir un personnage moins creux que les gamins, plus nuancé que la moyenne et avec un sens des responsabilités : on sent chez lui une profonde envie de limiter la casse...
Mais voilà... Akira raconte beaucoup de casse... énormément de chaos et de beaux dessins... pour une histoire qui pourrait-être passionante à suivre... si elle était mieux racontée.
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