Intéressant ce roman graphique !
Je trouve le titre inapproprié. Parce que ce n'est pas que de l'alcool dont le héros ne peut se passer ( et du coup la fin est un peu vite expédiée et un peu fausse), mais de 'Seatle' et la drogue dure. Il y a plein de sujets abordés, sans doute trop, et pas assez de pages pour tout développer ; en fait, le bouquin aurait pu contenir 5 fois plus de pages, décidant d'exploiter au maximum chaque scène. Le seul passage vraiment décevant, c'est celui concernant le 11 septembre : il ne se passe pas grand chose durant ce passage, on change de sujet, le personnage est un peu plus anonyme et c'est du pathos facile. Le reste est bon, hormis le fait que ce soit vite expédié.
Niveau graphisme, je fus très surpris du dessin à l'intérieur du bouquin ; je m'attendais à quelque chose de plus proche du dessin de la couverture (c'est un truc que je n'aime pas beaucoup, quand la couverture ne donne pas un aperçu du contenu). Le dessinateur propose de chouettes pages, de chouettes vignettes. C'est surtout grâce à son jeu de noir et blanc, ses ombrages que le dessin passa bien. Car en soi on peut facilement relever des problèmes de proportions dans certains dessins. Mais ça passe. Et puis c'est assumé aussi. Au début, j'ai cru que ça n'allait pas le faire, amis ce qui est magique avec les BD c'est que si l'histoire plaît, on finit par apprécier le dessin, du moins lorsque la grammaire est claire (c'est peut-être pour ça que Larcenet m'emmerde tant avec ses gros bouquins, parce qu'on sent qu'il change la grammaire en cours de route). Ainsi donc, j'ai fini par aimer le dessin. Je reste un peu sceptique par la représentation des personnages que j'aurais aimé plus minimaliste voir géométriques (comme les décors, comme les personnages que l'on voit au loin).
Bref, ça se lit bien.