Suite à la co-création du studio Rockstar et avoir apposé son style sur le scénario d’un certain nombre de GTA et des deux Red Dead Redemption, Dan Houser se lance à tout berzingue dans le comic avec sa comédie criminelle American Caper. Un cocktail aussi incisif qu’un épisode de South Park, où tout le monde en prend pour son grade : gauchiasse comme escrologiste, conservateur comme révolutionnaire pantouflard.


Bienvenue à Vérone, Wyoming. Un endroit où il fait bon vivre. Mon cul ! Une petite bourgade qui a tout du coin de paradis, hurlent les panneaux. « Le plus beau paysage de l’Amérique jeté en pâture à ses pires habitants », se moque la 4e de couverture. Et Dan Houser de s’attaquer à l’ère Trump dans toute sa nuisance et décadence. Les reptiliens ne sont pas dupes.


L’insolence de la citation d’ouverture, piquée à Roméo et Juliette de Shakespeare, lance le bal de cette vaste marrade. S’ensuit la présentation d’une famille traditionnelle dans toute sa splendeur, autant dire une famille qui se hait. Petit avocat bossant pour une compagnie véreuse, notre héros se rêve… héros à son tour. Parce qu’après tout, tout le monde se croit héros. Mais personne ne sait vraiment comment s’y prendre.


Vie de merde ! Seule solution pour supporter cette pelletée de fange : se voir autrement, s’imaginer cowboy, chevalier, ou simplement un bon gars, histoire d’éviter d’imploser. Sans quoi, on perd les pédales et on fonce pied au plancher dans la station-service la plus proche.


Un grand feu d’artifice et BOOM. L’odeur colle aux vêtements. Le cycle long et l’adoucissant n’y changeront rien, désolé. Depuis une petite décennie, un lourd nuage galope au-dessus des USA. Une pluie acide qui érode les consciences et démange les gâchettes.


Tout le monde estime être furieux pour les bonnes raisons, rejetant la faute de son malheur sur les autres. Tous tarés, chacun perdu dans son monde imaginaire, sa propre bulle de connivence. Au programme : un peuple assoiffé de révolutions sans être foutu de dire exactement pourquoi. Une bataille après l’autre n’a pas volé son Oscar.


Une satire plus ou moins mordante d’un pays aussi mûr pour la fiction qu’un fruit sur le point d’éclater. Le dessin est violent, sanglant, cru. Les dialogues grivois, cyniques, immoraux. La définition même de la thèse d’un sale gosse biberonné à la scène anglaise anarchiste qu’Urban a engendré lors des années 80. De Thatcher à Trump, la lettre est la même : T comme tyrannie.


La suite de l'article à retrouver sur ActuaBD

OuaZz
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes 2026 - BD / MANGA et Les meilleures BD de 2026

Créée

il y a 3 jours

Critique lue 3 fois

Supergirl

Supergirl

5

OuaZz

le 2 juil. 2026

Suivre

A voler trop près du soleil...

Que s'est-il passé ? Si, comme moi, vous avez passé un moment formidable devant Superman, il y a de quoi tomber des nues devant ce deuxième chapitre du nouveau DCU. En l'espace d'à peine deux films,...

Marty Supreme

Marty Supreme

7

OuaZz

le 4 févr. 2026

Suivre

Let

Séparé de son frère, Josh Safdie ne perd pas le nord et maintient son cap à vouloir toujours et encore filmer des paumés qui dream big et trop fort. Marty Supreme, c’est un script shooté à...

Une fête sans fin

Une fête sans fin

7

OuaZz

le 9 juin 2026

Suivre

Veridis Quo

Il y a des bandes dessinées qui racontent une histoire, et d'autres qui cherchent à jouer avec vos sens, à ouvrir une trappe sous vos pieds et vous faire goûter au vertige. Une Fête sans Fin...