Néophyte par excellence dans le domaine du comics, voici que je me retrouve à errer dans les rayons de ma bibliothèque, jusqu'à tomber par hasard sur cet opus.
Batman fait peur pour quiconque côtoie des érudit-e-s de la question : trop d'histoires, de timelines distinctes, d'univers disjoints, de crossovers. Pour dresser le tableau : cela nécessitait déjà de pouvoir opérer une distinction entre DC Comics et Marvel, frères ennemis tels Caïn et Abel ou pire, Pepsi et Coca (pour rester sur les dieux américains). Je tentais donc d'avancer dans ces terrains minés à pas discrets, craignant des regards hostiles et étonnés - voire déçus disons le franchement -.
C'est à cet instant précis donc que je suis tombée sur Batman : Un long Halloween. Accompagnée de mon fidèle acolyte et donc armée pour se faire de mon téléphone pour toute question subsidiaire, j'ai plongé dans le bouquin de Loeb & Sale.
Batman : Un long Halloween relate l'enquête de Gordon, Batman et Dent pour démasquer le tueur Holiday qui ne tue que les jours de fêtes. L'affaire, pour Batman, devrait être rapidement résolue; pourtant elle s'étire sur 12 mois, mois durant lesquels Gordon et Dent s'épuisent une nouvelle fois, désertant leur vie de famille, s'isolant davantage. A l'image du PDG super-héros, ils finiront d'ailleurs cet opus seuls, leur désir de justice ayant tout englouti. Le trio lui-même n'y survivra pas, commençant par des doutes de Batman à l'égard de Dent qu'il considère comme son ami, pour finir par la disparition de ce dernier, devenu Double-Face, laissant Gordon seul et divorcé.
L'enquête suit les différentes pistes explorées par Batman, en "voix off" tout au long des planches, et entraîne le/la lecteur-rice d'hypothèses en hypothèses sous fond de guerre mafieuses entre les familles Falcone et Maronni. Le (plus que pauvre) background culturel de Batman à ma disposition jusqu'alors m'a néanmoins permis d'apprécier les clins d'oeil fait dans les montages des planches entre les identités publiques et secrètes ainsi que l'apparition des adversaires les plus emblématiques de Batman. Une mention spéciale est à apportée aux planches consacrée à Poison Ivy, particulièrement enivrantes.
Cet ouvrage est composé de 12 chapitres, et porte le nom de la célébration à laquelle le crime va être commis et s'accompagnent de portraits puissants en pleine page. Les traits de Tim Sale et le dynamisme dans le découpage des planches est à la hauteur de cette intrigue et nous plonge dans la noirceur des rues de Gotham. Les doubles pages puissantes entraîne une respiration dans une lecture avide par la vigueur de leur réalisation. Le jeu des couleurs de Gregory Wright tout en nuance se fait par phases narrative et révèle la noirceur de l'ouvrage sans tomber dans la facilité.
Alors sans surprise, autant vous dire que j'ai déjà plongé dans la suite du diptyque : Amère Victoire