En ce qui concerne les batmans, j'ai parfois la sensation de passer à côté de ce que la plupart appelle les must-have ou incontournables. Comme pour Killing Joke, je reconnnu ici la grande qualité du titre sans avoir pris une seule vraie claque en le lisant. Je m'explique : Le roman est dense, l'atmosphère mafieuse et le Gotham criminel parfaitement représenté, le style un peu rétro souvent lié à l'univers batman très réussi. Le dessin est très stylisé, notamment dans la colorisation avec quelques applats de couleurs et une palette plus limité donnent un côté chiadé à l'ensemble. On retrouve bien les inspirations de Nolan, et il faut admettre que la construction du roman ressemble parfois plus à un story board qu'à un vrai comic book tant certains passages détaillent l'action par plusieurs séquences muettes et en double page. Là où je trouve l'ensemble un peu surestimé, c'est sur la qualité d'écriture. Certes on retrouve un batman sombre, qui commente régulièrement en off les évenements comme dans le style Miller, certes la difficulté pour le trio Gordon-Dent-Batman a maitrisé la ville est interessante et le basculement lent de la classique mafia au pouvoir de l'air des vilains bargeot montré dans une scène assez symbolique et très évocatrice visuellement (sans vous spoiler). Mais toute cette densité, ce style sombre, cache une enquête finalement peu profonde, redondante dans sa structure (tueur en série) et aux révélations soit peu surprenantes et convenues, soit un peu confuse. L'ensemble dispose d'un tel style que ce serait dommage de passer à côté, mais pour ma part loin d'être le chef d’œuvre attendu.