Avant Robin, avant la Ligue, il y eut Un long Halloween ...
Voila une aventure de Batman qui se veut ambitieuse, et qui peut se le permettre ! Quelque soit l'angle sous lequel on analyse cette oeuvre, elle se démarque par ses qualités, alors que tout n'est pas forcément gagné d'avance.
D'abord le dessin. Tim Sale a su donner une âme à Gotham, avec son architecture et un choix de couleurs des plus judicieux. La ville est sombre, et les quelques touches vives de couleurs sont généralement l'annonce du passage du Joker ou autres Poison Ivy. La prouesse réalisé par le dessinateur est vraiment exceptionnelle, car il a réussi à concilier scènes d'action (comprendre scène où il y a du mouvement comme des explosions, et parfois de la castagne) et scènes d'anthologie quasi-immobiles, comme par exemple, la rencontre du triumvirat sur le toit du GCPD, qui inspira les films de Nolan (Batman Begins & The Dark Knight). Mais plus que le trait unique de Tim Sale, c'est le scénario de Jeph Loeb qui fait basculer Un long Halloween dans la catégorie des comics classiques.
Jeph Loeb a réussi plusieurs paris osés :
- Assumer l'héritage du Year One de Frank Miller en racontant une histoire de Batman impliquant Carmine Falcone et relatant sa chute.
- Utliser de manière intelligente pléthore de personnages issus d'aventures de Batman, ET le faire bien.
- Montrer un Batman jeune, en plein doute et en grande difficulté.
Mais les thèmes abordés sont encore plus nombreux :
- la confiance. Jusqu'où peut aller Batman ? Peut-il réveler son identité secrète à Harvey Dent, son (presque seul) ami ?
- la chute. La chute de l'Empire du Romain, la chute d'une famille qui s'accroche par tous ses moyens à ses pouvoirs. Mais aussi la chute d'Harvey Dent, qui passe de procureur intègre à criminel psychotique.
- le doute. Implicitement, Batman doute de sa capacité à arrêter le tueur Holiday, au point de chercher conseil auprès de l'Almanach, un criminel aux lubies des plus étranges ...
Cette liste n'est pas exhaustive, et pourtant, malgré la profusion d'idées, de concepts, de personnages, le scénario reste clair, compréhensible. C'est un des points forts de ce titre, la cohérence de son scénario n'a pas d'égale.
Complètement subjectivement, ce comic est vraiment excellent.
[SPOILERS]
Qui était vraiment Holiday ??? combien étaient-ils? Deux ? Trois ? Harvey Dent était-il un assassin avant même d'être Two-face ? C'est le seul doute qui plane selon moi ...
[SPOILERS]