Après avoir prouvé ses succès critiques dans les rayonnages de toute bonne librairie qui se respecte, Gallmeister passe la seconde en choisissant de mettre les potaras avec Le Lombard. Une fusion avec, à la clé, toute une ribambelle d’adaptations hautes en couleur du label, orchestrée par l’envie d’élargir ses horizons afin d’attirer un nouveau public friand d’aventure. Au programme de ce décollage, deux BD paraîtront coup sur coup : Le Gang de la clef à molette et Betty, le best-seller de Tiffany McDaniel auréolé par le grand public.
Héraut du western, Gallmeister est réputé pour ses récits sauvages et prônant en sous-main un retour à la terre. Une maison d’édition prestigieuse faisant la part belle aux travers humains et à la nature indomptable. Dans un climat de plus en plus enclin à renier nos racines sauvages, cette collection fait du bien.
Betty est la sixième enfant d’une portée de huit. À sa naissance, deux de ses frères et sœurs sont déjà morts. Dans son cœur de verre, lui dit son père, se niche un morceau de paradis. Et si l’on y colle l’oreille, on peut entendre le battement d’aile d’un oiseau.
Toute l’histoire sera marquée par cette relation fusionnelle père-fille. Heureusement, car il fait du bien d’avoir cette source de lumière au sein d’une histoire entaillée d’épines, des sables mouvants n’épargnant personne.
La famille Carpenter est maudite… Une ombre plane sur la famille. Surtout sur les femmes. On l’apprendra, la mère fut violée à de nombreuses reprises par son père. Cet inceste perdurera, tel un mal rampant sous la peau, gangrénant le sang des hommes et damnant celui des femmes.
De la tentative de suicide de la mère jusqu’au meurtre d’une de ses sœurs, le récit l’atteste : l’histoire a tendance à se répéter, le cycle de la violence se mord la queue. Impuissant, on contemple à notre tour la fratrie tomber comme des feuilles, alignant tombe sur tombe comme un jeu de dominos.
La suite de l'article à retrouver sur ActuaBD