Bon, après avoir terminé le manga, il faut impérativement que je laisse une critique.
Étant fan des mangas psychologiques et sombres, ce qui m’a attiré au départ, c’est justement ce côté psychologique qu’une personne m’avait vanté, ainsi que plusieurs recommandations de personnes qui m’en disaient le plus grand bien. On m’avait même prévenu que c’était très sombre. Et effectivement, sur ce point, je ne peux rien dire : le manga est vraiment noir, profondément.
Mais après l’avoir fini, je dois dire que je n’irais pas jusqu’à le classer dans la catégorie “psychologique” au sens strict. Pour moi, un vrai manga psychologique, c’est un récit où les personnages jouent constamment sur la stratégie mentale, la réflexion poussée, des mécaniques de mind game — un peu à la façon de Death Note, Monster, Moriarty the Patriot ou même Kaiji. Or ici, ce n’est pas tant l’intellect ou la manipulation qui priment, mais plutôt la profondeur des émotions, des traumatismes et des réflexions existentielles.
Du coup, je dirais que le mot qui lui correspond le mieux, ce serait plutôt “philosophique”. Bonne nuit Punpun parle de la vie, de ses absurdités, de sa cruauté parfois, mais aussi de ses rares lumières. Il interroge notre rapport à Dieu, à l’existence, au sens qu’on donne à nos actes. Chaque personnage semble porter une blessure profonde, et on sent à quel point la dépression, la solitude et l’incompréhension pèsent sur eux. J’ai été particulièrement touché par les monologues de Yūichi, l’oncle de Punpun. Ce qu’il dit, ce qu’il pense, c’est exactement le genre de réflexions que je me suis moi-même souvent posées.
Il y a des moments où certains personnages m’énervaient au point où je pensais détester le manga. Et c’est justement ça, sa force. Ces personnages sont trop humains. Ils sont imparfaits, égoïstes, perdus, parfois lâches… et c’est ce réalisme dérangeant qui m’a fait continuer. On a presque l’impression que le mangaka, Inio Asano, n’a pas “inventé” une histoire, mais qu’il a juste mis en images la vie réelle d’êtres humains brisés, sous forme de fiction.
Je dois dire que j’ai beaucoup aimé Yūichi et Sachi, deux personnages incroyablement bien écrits. Et Aiko… surtout vers la fin, elle m’a énormément marqué. Elle m’a presque fait revoir mon jugement sur tout le reste. Le dessin, quant à lui, est sublime. Le contraste entre la forme parfois minimaliste (avec Punpun représenté de manière abstraite) et la richesse des décors hyper réalistes fonctionne à merveille pour nous perdre entre fiction et réalité.
En conclusion, je dirais que certains personnages nous ressemblent. Moi en tout cas, je me suis reconnu dans leurs zones d’ombre. C’est aussi ce qui m’a énervé, troublé, fait douter, mais aussi ému. J’hésitais entre une note de 9 et 10, surtout à cause de certains éléments qui m’ont dérangé : parfois la représentation du sexe, les comportements capricieux ou malsains de certains personnages. Mais en y repensant… l’être humain est comme ça. Ce manga ne l’embellit pas, il nous le montre tel quel, brut, cru, sans filtre. Et c’est rare.
Alors oui, Bonne nuit Punpun est un chef-d’œuvre, un manga qui paraît trop réel, qui dérange, qui secoue, mais qu’on n’oublie pas. Pour ça, je lui mets un 10/10 sans hésiter.
Merci à Inio Asano pour ce manga. Franchement, je ne suis pas prêt d’oublier cette lecture.