Bonne nuit Punpun est le genre d’œuvre qui provoque un étrange paradoxe : à la fois le regret de l’avoir découverte… et celui de l’avoir terminée.
On retrouve ce contraste jusque dans le dessin : un personnage principal aux traits extrêmement simples, presque enfantins, évoluant dans des décors ultra-réalistes (photo retouchée ?).
Je ne me risquerai pas à une analyse poussée de l’œuvre, n’étant pas certain d’en avoir saisi toutes les nuances. Et je n’ai pas non plus envie de lire des pages d’analyses qui viendraient m’expliquer le « comment » et le « pourquoi ». J’ai le sentiment qu’il s’agit, de toute façon, d’une œuvre profondément autobiographique, et que quelles que soient nos interprétations, seul l’auteur détient les vraies réponses à nos interrogations.
Je préfère donc garder l’impression générale que m’a laissée ce manga : une profonde mélancolie, saupoudrée de nostalgie.
En abordant la dépression chez un jeune Japonais, ce manga nous renvoie, d’une manière ou d’une autre, à notre propre histoire, malgré la différence culturelle. Nous avons tous connu la difficulté de devenir adulte, et j’ai trouvé qu’Inio Asano traitait ce sujet avec une rare justesse. À aucun moment on ne juge le comportement de Punpun : on subit simplement, tout comme lui, les événements qui jalonnent sa vie.
La seule partie qui m’a sortie un peu de l’histoire, c’est cette relation étrange avec Aiko. Idéalisée pendant l’enfance, lorsqu’ils se retrouve une fois adulte et se mettent ensemble, on découvre selon moi une fille un peu niaise. Elle perd tout de son charme, et je pensais donc que c’était une sorte de représentation de l’amour tellement désiré mais au final décevant, pourtant ça n’a pas l’air d’être le cas car Punpun a l’air vraiment amoureux.
Bonne nuit Punpun m’a rendu mélancolique… et je l’ai adoré pour cette raison. J’ai hâte de le redécouvrir dans quelques années.
PS : Il y a une excellente playlist sur spotify qui se nomme "reading goodnight punpun" et qui colle parfaitement à l'ambiance du manga.