Dans le (déjà) excellent premier tome, le dessin de Manara est un délice (avec pour seul bémol les couleurs un peu criardes) et le cynisme de Jodorowsky se prête admirablement à un tel sujet, bien entendu aussi décadent… C’est fort bien mené, drôle et caustique.. et sans pitié ! Ce n’est bien évidemment pas à prendre au pied de la lettre, la véracité historique n’étant pas le souci des deux auteurs.


Dans le tome deux, le train-train des plus viles bassesses (oui ça en fait des s) de l’ignoble famille Borgia suit et poursuit son cours : Jodorowsky l’intraitable et Manara le voyeur mettent les deux pieds dans le plat et s’y vautrent sans cérémonie et nous nous en délectons ! A part les couleurs un brin agressives, le dessin est parfait. La narration reste claire et maîtrisée, tout comme le rythme des turpitudes de cette famille… fascinante.


Incisive, mordante et cynique, l’union sacrée Jodorowsky-Manara trouve dans cette adaptation des Borgia et plus particulièrement dans ce troisième tome son sujet de prédilection : le vice, la luxure et la provocation pour ne pas dire un certain sadisme…


Ici, on se concentre sur Rodrigo (comme de coutume) mais aussi Lucrèce et Charles VIII le roi de France bossu et boîteux qui n’a rien à envier aux Borgia dans la catégorie des « infâmes dégénérés ». Côté dessin, Manara assure encore et ô joie s’est calmé sur l’usage de la couleur écarlate (entre autres) : il s’est appliqué sur les tons pastels, donnant enfin une belle unité chromatique à l’ensemble. Un très beau tome.


Enfin le quatrième tome et la conclusion de la saga Borgia… et une mise en abîme de la famille des tarés aussi brutale que sadique et cruelle. Jodorowsky a mis le paquet, épaulé par un Manara qui n’a pas froid aux yeux. Ils en font un peu trop peut-être ? oui, c’est fort possible. Quant à la fin elle-même, elle est quelque peu expédiée…


L’ensemble reste acide et caustique (attention ça pique) mais l’effet est saisissant et s’agissant des Borgia, l’interprétation outrée (mais totalement assumée) des auteurs se justifie amplement par son audace et son cynisme assumé. Une bien belle bande dessinée en tous les cas qui fait honneur au mythe scabreux de la famille Borgia.

Broyor
9
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le 9 mai 2026

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