Installant l’action dans la Normandie médiévale, l’autrice nous propose un récit centré autour du deuil et de la vengeance, via le destin dramatique de Galswinthe et de ses fils, Aldarik et Tarik. Rejetée pour son union avec un Norrois et son statut de rebouteuse, cette femme qui vit éloignée du monde perd son fils aîné, Aldarik, assassiné par vengeance.
Face à cette tragédie, le récit développe les différentes émotions qui accompagnent le deuil, que ce soit le regret, la culpabilité ou encore la colère. Ceci nous est dévoilé avec pertinence via les ressentis des deux protagonistes : Galswinthe se sent coupable, pensant avoir provoqué la mort de son fils et ne pas avoir su le protéger, tandis que Tarik est habité par la colère, marqué par la culpabilité du survivant et frustré de ne pas être capable de le venger. L’autrice fait alors preuve d’empathie envers ses personnages, décrivant leur chemin vers le deuil, introduisant une part de fantastique pour mieux les unir. La vengeance habite également le scénario, présentée comme une réponse maladroite, la violence appelant la violence, mais dont le cycle sera brisé par les personnages. Graphiquement, le cadre médiéval est bien dépeint et la part de fantastique ressort à travers des planches soignées. L’autrice n’hésite pas non plus à rendre son récit inclusif, sans que cela surprenne au vu du contexte (forgeron métis, héroïne queer…). Pour une première BD, l’autrice livre une œuvre profonde avec des thèmes forts, parfaitement adéquate pour de grands adolescents.