Claymore
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Claymore

Manga de Norihiro Yagi (2001)

Ne marquera pas au-delà des années 2000

Avoir une tablette c'est comme avoir une médiathèque à porté de main. Fort heureusement j'ai les deux, du coup, je peux découvrir et laisser une chance à quelques séries que j'avais abandonnés à l'époque.

C'est le cas de Claymore... Comme j'ai déjà pu le répéter sur certains mangas connu, on été face à la formule que je détestais tant, déjà à l'époque. "Y'a des monstres et des chasseurs de monstres, puis y'aura des combats entre chasseurs de monstres" le schéma infernal qui peut s'adapter à tous les univers. Remplacez les monstres, par les démons, les fantômes, les esprits, les hollows, les Patrick Sébastien, ou n'importe qu'elle autre créatures folkloriques et ça va passer...


J'ai déjà pas mal lutter à l'époque avec Claymore... Fort heureusement, il m'est toujours resté quelque chose en tête d'assez curieux pour me donner envi d'en savoir plus. L'origine des combattantes, le mystère de leurs créations et des démons à combattre, il y avait quelque chose d'un peu plus profond qui semblait nous tendre une carotte assez efficace, pour que l'envi d'y replonger me saisi.


On sent que l’auteur a envie de construire quelque chose. Des missions à droite à gauche, une hiérarchie floue, une héroïne fermée comme un coffre-fort, et ce rythme qui alterne entre chasse et révélation. Mais rapidement, on comprend que Claymore, c’est un manga qui mise beaucoup, beaucoup trop, sur son ambiance. Parce que derrière le vernis crayeux de son univers, c’est surtout un gros manque de souffle qui se cache.


Le style graphique, sobre, presque chirurgical, donne une identité froide mais qui devient aussi un handicap quand il s’agit d’installer du rythme. Les combats manquent cruellement d’impact. C’est propre, c’est lisible, mais c’est mou. Les poses sont figées, les plans souvent mal choisis, sans cette petite folie graphique qui fait vibrer un duel, qui le rend inoubliable. Et cette raideur, on la retrouve jusque dans les personnages. Froids, fermés, plats. Des Ben Affleck de papier. On comprend que c’est voulu, que ça colle à leur ADN tragique et surhumain… mais si on ne s’y attache jamais, c’est aussi parce que le manga ne leur donne jamais assez de matière pour exister au-delà de leur fonction dans le récit.


Et pourtant, il y avait matière. Parce qu’on y croit, à cette montée en puissance. On se dit que ça va exploser, que l’univers va s’épaissir, qu’on va toucher à quelque chose de plus vaste, de plus vertigineux. Mais non. L’ellipse de sept ans, censée relancer la dynamique, finit par assécher ce qu’il restait de mystère. On perd l’élan, les enjeux s’embrouillent, et les nouveaux arcs tombent dans une surenchère confuse, où les antagonistes deviennent interchangeables, de plus en plus puissants, mais de moins en moins intéressants. Les fameuses "claymores" elles-mêmes, qui devaient incarner des figures tragiques, deviennent des outils narratifs sans aspérité.


Ce qui reste, c’est l’ambiance. Ce froid constant, cette distance, ce goût d’oubli dans une époque post-Berserk où tout le monde voulait faire du sérieux et du sombre. Et là-dessus, Claymore s’en sort pas mal. Il y a un vrai travail sur les monstres, sur leur design, parfois très inspiré, qui donne envie de continuer juste pour voir ce qui nous attend derrière la prochaine colline. Mais c’est tout et c’est trop peu.


J'aimerai quand même saluer la manière dont les informations sont distillés, car c'est l'une des forces de l'oeuvre. Certainement bien accompagnés de conseils avisés d'un éditeur, les clefs de compréhensions sont livrés petits à petits et contribuent à 100% au fait qu'on ait l'envi de continuer de lire Claymore.


Si je dois donner un mot de la fin... Je me suis replongé dans Claymore avec cette force curieuse qui me pousse souvent à croire que j'ai peut être raté quelque chose. Histoire de tuer quelques mystères dont je pouvais avoir facilement des réponses à la suite d'une relecture, quelques années après...

Donc oui, je n'aime pas Claymore, mais de la à dire que ma lecture était mauvais et qu'il s'agit d'une œuvre désagréable, je ne me le permettrai pas. Bien au contraire, je suis réconcilié avec ce manga grâce à cette redécouverte et mes yeux adultes. Typiquement le manga qui a marqué quelques lecteurs à sa sortie, qui a eu sa petite aura à l’époque où on le découvrait chez nous, mais qui n’avait pas les épaules pour traverser le temps. Pas une œuvre à jeter, loin de là, mais pas un classique non plus. Une belle tentative, parfois prenante, souvent frustrante. Le genre de série qu’on est content d’avoir découverte... mais qu’on ne relira sûrement jamais.


KumaCreep
4
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le 12 mai 2025

Critique lue 8 fois

KumaCreep

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