Le second tome de Sang Royal met définitivement les petits plats dans les grands et poursuit sa logique du drame (et du psychodrame) implacable jusque dans tous les excès les plus imaginables… et Jodorowsky ne manque ici certainement pas d’imagination !
Et d’un cynisme poussé ici à l’extrême.. car derrière chaque noble sentiment de ces personnages hors normes se cachent en embuscade les noirs desseins de l’ambition, de l’égoïsme et de l’orgueil… et de la vengeance qui se mange toujours très froide voire glacée…
Les évènements et les conséquences s’enchaînent ici sans coup férir avec la mécanique d’un métronome cruel et inéluctable qui suit les caprices d’un destin décidément sans pitié… On s’étonne, on se scandalise et on ricane encore volontiers devant la bassesse humaine dépeinte par Jodorowsky qui en a ici toujours sous le pied pour nous surprendre encore davantage à chaque page.
Le dessin de Liu reste superbe et constitue un écrin admirable à cette histoire de cinglés, un écrin dont les couleurs souvent délicatement pastel respirent le bon goût et restituent ici ou là l’atmosphère si particulière de l’album. Bref, en un mot comme en cent (en sang !), une perfection de provocation dont le plumage est à la hauteur du ramage.