Daredevil : Renaissance par Lorhkan
Récit mythique dans le monde des comics, j’en avais entendu tellement de bien que j’appréhendais un peu ma découverte. Soyons clair : il est à la hauteur de sa réputation ! La première moitié du recueil fait froid dans la dos : Frank Miller, par le biais du méchant de l’histoire, Wilson Fisk alias le Caïd, détruit peu à peu tout ce qui faisait Matt Murdock/Daredevil. Son job, sa réputation, sa santé mentale, ses amis, sa maison… Tout part à vau-l’eau, Murdock est au bord du gouffre, et l’ambiance qui se dégage de cette première partie est terriblement noire. La déchéance du héros aveugle prend vraiment aux tripes, et elle est narrée magistralement par Frank Miller. Le ton est très littéraire, il y a beaucoup de lecture, multipliant les punchlines, beaucoup d’introspection, et la mise en page est un autre atout utilisé avec brio par les créateurs Miller et Mazzucchelli (déjà responsables de l’excellent « Batman Year One ») : découpage des cases utilisé à bon escient, différents points de vue narratifs, etc… Excellent !
Bourré de références, notamment religieuses, c’est sans doute une lecture qui peut se bonifier avec le temps, du genre de celle qui peut encore dévoiler des choses que l’on n’avait pas vu les fois précédentes.
Le dessin est d’époque (1986), couleurs flashy à la clé, mais ils sont plutôt bons si l’aspect « old school » ne rebute pas, avec notamment les illustrations pleine page qui ouvrent les différents chapitres pleines de sens (celle du quatrième est particulièrement frappante).
Le seul défaut de ce récit reste ses deux derniers chapitres, dans lesquels l’action prend plus d’ampleur, délaissant un peu l’aspect « film noir », et qui voit l’apparition un brin forcée des Avengers. Je n’ai pas trouvé ça très utile au récit, surtout que la fin est vite expédiée.
Mais je fais la fine bouche alors que les deux tiers du récit frisent la perfection. Chef d’oeuvre du genre ? C’est bien possible. Un de plus pour Frank Miller…