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Demon Slayer
6.5
Demon Slayer

Manga de Koyoharu Gotōge (2016)

Bon bon bon bon bon…..Demon Slayer….comment aborder un tel phénomène ? Un raz de marée et un phénomène de mode aussi soudain que dévastateur dans la Pop culture Nippone et le Manga Game ??!


Oui, osef de l’originalité du sujet, aujourd’hui je vais vider mon sac et prendre le temps de retranscrire au clair ma pensée sur le manga «Demon Slayer – Kimetsu no Yaiba » qui est sur toutes les lèvres des lecteurs de mangas / visionneurs d’animés depuis plus d’un an et demi maintenant.


En tant que membre de la communauté Otaku, cela me semble presque être un « devoir » de témoigner personnellement, d’apporter mon ressenti/ma réception d’une œuvre élevée au rang de phénomène de société.
Je vais être très clair, cette critique n’en sera pas complètement une. Ou du moins, je vais m’efforcer d’en rester à la « critique » le plus possible car la météo a prévu en ce jour un assez grand risque de coup de gueule dans l’air ^^.


De mon point de vue, il me semble désormais impossible aujourd’hui d’écrire une analyse de l’oeuvre « Kimetsu no Yaiba » en la déconnectant de son succès tonitruant qui l’accompagne. Je sais que pas mal de Youtubeurs ont déjà fait des vidéos sur le sujet, interrogeant et mettant au clair les facteurs ayant contribué au succès du manga (Oui Otakulte et Lucas TV, c’est à vous que je pense là maintenant ^^ ) mais là aussi, j’aurais besoin de revenir sur pas mal d’arguments ayant déjà été mis en lumière pour argumenter ma propre opinion sur le manga.


Car honnêtement, cette critique va être l’occasion pour moi de mettre les points sur les I! Depuis plusieurs mois déjà, je l’ai constaté sur pas mal de sites du web (comme Nautiljon) et sur les réseaux sociaux standards qu’aborder le sujet Kimetsu = prendre part à une guerre d’opinions. Je vais donc sortir ici mes propres armes pour prendre position dans cette bataille d’opinions.
Mettons les choses au clair: Demon Slayer…. J’AIMAIS BIEN….et je continue à lui trouver certaine qualités (on va disséquer ça par étape, stresse pas ^^ )...MAIS…je lui trouve aussi énormément défauts qui me font m’interroger sérieusement sur le pourquoi du succès de l’oeuvre.


Le succès de Kimetsu no Yaiba….je le comprends….et je ne le comprends pas en même temps. Le manga mérite du succès...mais 82 MILLIONS d’exemplaires vendus en 1 an au Japon…..là je trouve que ça va tellement loin dans l’excès que ça en devient ridicule O_O (J’avais prévenus, je vais m’efforcer de rester critique, mais des averses de rages sont à prévoir).


Le problème, c’est que face à un tel succès commercial et critique, Kimetsu no Yaiba a réussi à engendrer une des fan bases les plus toxiques de ces dernières années, à tel point que lorsque l’on dit sur les réseaux qu’on ne marche pas à 100% dans la « Kimetsu Hype », on se fait insulter ou on est immédiatement « fichés » comme des «Pro One Piece ». Cette attitude hautaine me force à réagir.
L’objet de cette critique, au-delà de donner mon avis personnel sur l’oeuvre (qui relève sans doute de l’opinion impopulaire), est de rétablir un certain équilibre à propos du manga tout en abordant en soutien la «Bienvenue chez les Ch’tiisation» du manga de Gotoge.


Commençons à entrer dans le vif du sujet:



  • Kimetsu no Yaiba – Demon Slayer, près-publié dans les pages du «Hollywood du manga », de « l’usine à champions » qu’est le Weekly Shonen Jump entre Février 2016 et Mai 2020, est un manga de la mangaka Koyoharu Gotoge. C’est un récit fait de combats au sabre, de vengeance, d’importance des liens familiaux et de démons folkloriques, le tout se situant dans un Japon du début du XXème siècle. C’est l’histoire de Tanjirô, un gamin qui vend du charbon et qui vit peinard avec toute sa famille dans les montagnes enneigées. Ils sont pauvres mais heureux, mais tout bascule le jour ou un démon massacre toute la famille en l’absence de Tanjirô. Lorsqu’il revient, celui-ci ne trouve comme unique survivante que Nezuko, sa petite sœur transformée elle aussi en un démon assoiffé de sang. Alors qu’il est sur le point de se faire déchiqueter par celle-ci, se dernier se fait sauver la vie par un samouraï. Ce dernier va amener Tanjirô à intégrer les rangs des Pourfendeurs de Démons. Commence alors un long chemin semé d’embûches pour Tanjirô qui va devoir mener de rudes combats...dans l’espoir de rendre son humanité à sa sœur.
    Le synopsis de Demon Slayer est basique. Dès le début, on sent que le titre ne respire pas l’originalité. Pour autant, au début...c’est plutôt convaincant...mais à terme, le manga finit par se vautrer:(


C’est pas sorcier mais ça fait le taff. L’intro est rapide et nous plonge assez vite dans l’action. L’auteure semble en effet vouloir passer assez vite aux choses sérieuses et amener les principaux enjeux de son histoire. Quand je dis que Demon Slayer ne respire pas l’originalité, c’est parce que malheureusement, même en voulant être un bon shonen nekketsu et cherchant à aborder une certaine maturité dans le sang et le glauque au niveau du ton...le manga n’est jamais parvenu à m’apparaître comme un « produit unique ».


Personnellement, j’ai envie de soupirer. ENCORE un shonen de samouraïs/démons/combats au sabre ect...mais comme si on en avait pas déjà eu une quinzaine depuis l’an 2000 et même avant ^^. Le manga part avec un handicap, ou un « semi handicap » puisque on en revient souvent à l’argument « originalité n’est pas synonyme de qualité ». En effet, tout le long de ma lecture, je n’ai jamais réussi à me débarrasser de ce sentiment de voir une reproduction melting pot d’un « Claymore », d’un « Bleach », d’un «Inuyasha »ou d’autres.


Je vous l’avais dis, c’est un véritable dilemme qui m’habite à propos de Demon Slayer, quasiment une schizophrénie. D’un côté, je trouve que le titre arrive à briller un tant soit peu par sa simplicité, mais de l’autre, je trouve cette simplicité complètement indigeste et suintant le cliché à mort.


Actuellement, dans une industrie du manga ou se déroule une véritable « course au prochain hit », il devient difficile pour de nouveaux titre de prendre leur indépendance et de sortir de cette tendance de maniérisme excessive à imiter ses aînés. Hors, à titre de comparaison purement personnelle, un qui a réussi à faire cela, c’est bien My Hero Academia ! Quand je lis My Hero Academia, je n’ai personnellement pas cette impression de voir un clone de Naruto ou autre, je vois « My Hero Academia . Pourquoi ? Parce que selon moi, l’auteur est l’un des seuls à mes yeux parmi les mangakas d’aujourd’hui, dans les années 2010, à avoir réussi à faire une œuvre « codifiée » mais sans être clichée. Et c’est là que viens le premier problème que j’ai avec Demon Slayer, il ne parvient pas selon moi à s’extirper de la masse de shonens actuels pondus en masse. Bon, c’est moins pire que « Black Clover » qui lui, était pourri et imbuvable depuis le départ (niark niark xD) question cliché à la limite du plagiat flemmard...mais pour autant, Demon Slayer n’a à mon goût pas su en rester tout du long à quelque chose de codifié et a finit par devenir un concentré de clichés bâclés imbuvable.


Faire dans le simple, d’accord au départ...mais il faut savoir progresser en qualité petit à petit. Sauf que dans le cas présent, pour moi, Demon Slayer, passé une dizaine de tomes (jusqu’à l’arc du village des plaisirs avec le pilier du Son et le combat vs Daki/Gyutarô je dirais)….se fige complètement et entame une lente régression jusqu’à un final minable. Tout ce qui faisait le charme du manga à ses débuts, toute l’ambition que la mangaka semblait construire brique par brique, s’écroule comme un château de sable à peine à mi chemin. Le problème selon moi vient d’un cruel manque de renouvellement de sa part. En fait c’est simple, à mes yeux, passé le tome 10, l’auteur ne cherche plus à se renouveler et s’enlise dans une mécanique de chapitres de combats. Les 12-13 derniers tomes ne sont plus qu’à base de fights bourrins sans aucun développement annexe.


L’auteur a réduit son œuvre à un pauvre squelette de Nekketsu sans âme. Pourquoi sans âme me demanderiez-vous? Eh bien je vous répondrait que ce que j’entends par là, c’est une absence de nuances à chaque arc. En fait, à chaque arc, l’auteur nous resserre exactement la même chose et aucun arc ne réussi à se démarquer du précédent. Pour en avoir déjà débattu avec certains, est souvent ressorti l’argument: «Oui mais dans One Piece aussi c’est toujours la même chose. L’équipage arrive sur une nouvelle île – ils se font prendre au piège – Puis séparation – Puis finissent par se retrouver et Luffy bat le méchant et blablabla...». Et c’est là que la distinction que j’ai énuméré plus haut, entre cliché et codifié prend sens. Car dans One Piece (ce manga que les Kimetsu fags du net aiment tellement clasher à tord et à travers ^^ ), oui les arcs ont une structure similaire...mais ça passe. Pourquoi ça me gêne dans Demon Slayer et non dans One Piece ? Alors déjà...parce que One Piece a commencé il y a 24 ans (donc à l’époque, les codes du shonen en étaient encore à leurs balbutiements), mais surtout...parce que chaque arc de One Piece, chaque île est différente l’une de l’autre. Les enjeux ne sont pas les mêmes, les paysages ne sont pas les mêmes ect.


Même chose pour reprendre My Hero Academia. Certains ont encore prit en exemple le schéma de codes nekketsuesques établi pour inviter l’argument de la répétition scénaristique. Là non plus c’est différent. Déjà parce que MHA fait s’alterner des arcs sérieux et dramatiques, et des arcs plus légers et scolaires (L’arc des Huit Préceptes a été suivit par l’arc du festival de Yuei et ça a été critiqué alors que l’arc était utile pour laisser une pauses aux protagonistes et leur permettre de digérer les événements tragiques survenus à l’arc précédent).


Demon Slayer se plante en beauté à ce niveau là. Il ne sait pas alterner les ambiances. Je veux bien qu’on veuille insister le côté Dark et impitoyable de l’univers des démons ect, sauf qu’enchaîner les arcs de combats sans jamais faire retomber la tension me semble être un grand frein et empêcher le lecteur de prendre pleinement son temps pour rester connecter aux personnages. De plus, à chaque fois, le décor est toujours le même (une forêt ou un temple, grosso modo j’exagère à peine, no joke). Et c’est encore plus ennuyeux dans la mesure ou à chaque arc, ce sont les mêmes enjeux qui reviennent, à savoir, tuer un sbire du big boss des démons (aka le Michael Jackson vampire ^^ ) pour récupérer son sang et mettre au point un remède pour rendre son humanité à Nezuko. Tout cela découle d’une décision de l’auteur que je critique vivement, a savoir, le fait qu’elle n’accorde jamais aucune importance à l’univers qu’elle a mis en place.


Je m’explique: J’ai dis plus haut que Demon Slayer partait avec un handicap à mes yeux en étant un manga de samouraïs et qu’il m’avait vite déçu car passait de « codifié » à « cliché ». Hors, quelque chose avait retenu mon attention: le manga ne prend pas place dans un Japon féodal, mais dans un Japon du début du XXème siècle, dans une air ou le pays se modernise, avec notamment les progrès de la technologie. C’est là que ça me désole. Gotoge avait mit le doigt sur quelque chose d’intéressant en choisissant ce contexte…mais pour en faire quoi au final ? RIEN T_T. Plus sérieusement, à quel moment le contexte historique du manga est-il utilisé pour décrire quelque chose ? A quel moment entre-t-il en compte d’une quelconque manière pour impacter le scénario et les personnages – leur mentalité d’une quelconque manière ? J-A-M-A-I-S. Le manga aurait pu tout aussi bien se passer à l’époque du Japon féodal ou deux cents ans plus tôt, l’histoire aurait été la même. Il n’y a aucune connexion entre le contexte-décor et le scénario. Il y avait pourtant moyen de raconter quelque chose à l’instar de ces bonnes vieilles thématiques du Western au Cinéma, à savoir la dualité entre Nature et Culture («Wilderness versus Civilization»), avec la question de la place des tradition, de l’art du sabre ou de la question de la sauvegarde de la culture folklorique à une époque ou le monde change de visage….mais non, l’auteur n’y a jamais prêté attention. (Bon si, il y a eu l’arc du Train, celui du fameux film, «Le Train de l’infini » qui cartonne actuellement, mais hormis ça...jamais l’auteur n’a utilisé le cadre de son récit d’une quelconque manière pertinente).


J’ignore si l’auteur a eu un méga coup de flemme après le tomes 9-10 ou bien si quelque part, elle même s’est retrouvée prise au piège en ayant fait monter la pression trop vite avec l’arc du Train – Rengoku (et le début de l’arc d’après). Quoi qu’il en soit, la barre a été mise trop haute trop vite en terme d’epicness et jamais plus par la suite, je n’ai réussi à retrouver ce niveaux d’excellence qu’avait Demon Slayer à ce moment là. S’en est suivit une lente régression et les qualités que le titre avait au départ, dont sa simplicité pas trop gênante encore, sont devenu vraiment insupportables. Une suite de combats fades, très souvent un bazar monstre du au dessin de qualité très variable de la mangaka qui s’enfonce de plus en plus dans le cliché et la niaiserie, et des personnages au potentiel inexploité – gâché.


Pour ce qui est du dessin tout d’abord. Contrairement à ce que disent les gens, je ne trouve pas que le coup de crayon de la mangaka soit moche à proprement parlé. Du moins, lui reconnais-je une certaine identité graphique et ça c’est un bon point. La mangaka a son style de dessin qui donne aux planches de Kimetsu un style de vieilles estampes Japonaises à l’ancienne, comme de vieilles peintures du moyen âge ou des illustrations inscrites sur de vieux parchemins et qui donnent un aspect, voir une aura de fable ou légende. Manque de pot, à plusieurs reprises, le trait de Gotoge m’a semblé être en inadéquation avec la noirceur qu’elle voulait donner à son univers. On ressent une volonté de la mangaka d’être artistique et de créer une ambiance particulière dans ses planches et certains découpages...mais plein de fois, lorsque celle-ci dessine les expression faciales de ses personnages, ceux-ci sont tout carrés, comme du cubisme à la Picasso et ça amène un profond sentiment de niaiserie.


Il y a pour moi un côté « niais » qui vient gâcher Demon Slayer. Je veux dire, c’est bien beau et même honorable de prôner la gentillesse à tout va...mais à la fin c’est usant. Déjà que je trouve que Tanjirô n’est pas très charismatique par rapport aux autres héros de shonens, mais ce manque de charisme m’interpelle surtout par rapport à son attitude. Le gars est toujours là pour insister sur l’importance de la famille ect. Ok il a de la pitié pour ses adversaires, mais à un moment il ne faut pas en abuser, toutes les ordures ne méritent pas le pardon hein. L’auteur met sans cesse en avant la bonté d’âme du protagoniste et à force de trop appuyer là-dessus, il ne reste au héros qu’un caractère naïf d’un enfant dans un monde d’adulte.


Là aussi selon moi, cette facette du récit est autant un bon point qu’un mauvais point lui faisant défaut. Kimetsu no Yaiba, par son histoire chasse aux démons et du tandem frère-sœur que sont Tanjirô et Nezuko, symbolise l’idée d’enfants étant projetés prématurément dans un monde adulte et sa dure réalité. En fait, en y repensant, je me dis que ça se rapproche pas mal du «Tombeau des Lucioles » d’Isao Takahata (1988) et des personnages de Seita et Setsuko. Même, ça pourriat se rapprocher de l’ambiance d’un film Ghibli. Et qui sait...finalement, c’est peut être pour ça que Kimetsu no Yaiba a tellement de succès au Japon...qui sait ^^.


Pour en revenir à l’analyse, adopter le point de vue d’un enfant de 13-14 ans dans un tel monde...d’accord...mais à la fin, j’ai limite l’impression que Tanjirô a 9 ans et qu’il bat ses ennemis avec le pouvoir de la bonté et le «Sois gentil, pas méchant, c’est pas gentil d’être méchant !». Le personnage reste globalement attachant, mais l’auteur va trop le gavé de power-up sortis de son chapeau. Oui les power up dans ce manga sont complètement mal gérés. Le héros nous sort un méga pouvoir de l’épée en feu juste en se rappelant de son daron qui fait une danse sacrée (le pire….c’est qu’il nous sort un power up identique...au TOME 17...nan mais là Gotoge, ça suffit la flemme). Surtout que tout arrive comme un cheveu sur la soupe à chaque fois (car oui, les entraînements des personnages sont complètement expédiés donc jamais on ne se rend compte de combien ils ont sués pour acquérir leurs news techniques ou quoi).


Hormis Tanjirô, Nezuko est la plus grosse blague de tout le manga ! Le personnage ne sert à RIEN, n’est jamais utilisée et n’a jamais de développement individuel. A part relancer le fights quelques fois, miss bambou dans la bouche toute kawai (tellement qu’il en pleut des memes sur le net) n’est pas un personnage mais un accessoire. Je suis désolé mais être l’objet de la quête du héros n’est pas suffisant pour qu’on s’attache à un personnage. C’est d’ailleurs le même cas de figure que ce que les gens pouvaient reprocher à Fairy Tail avec Grey et Juvia, ou celle-ci n’existe qu’à travers Grey. Ne parlons même pas de Zenitsu et Inosuke qui sont certainement les pires sidekicks de Shonen qu’on ait vu. Pareil pour eux, développement = 0.


Parce que oui, nous expliquer en un flashback pourquoi mister Pleurnichard a les cheveux jaunes et nous amener d’on ne sait ou le développement de tête de sanglier...non, je suis désolé mais ce n’est pas suffisant pour faire des personnages attachants, encore plus ci ceux-là sont des moteurs de l’humour. A côté de ça, on critique Fairy Tail mais à côté, désolé mais les personnages de Mashima sont 100x mieux développés. Prenez un Grey ou une Erza et ne venez pas me dire que les persos de Demon Slayer sont mieux développés. Dans FT, surtout ces deux là, ont vraiment subit des traumatismes importants...qui les suivent tout au long du manga et amène des dilemmes qui en découlent de près ou de loin pour venir approfondir un peu plus chaque fois leur mentalité. La remarque vaut aussi pour les piliers ! Hormis Rengoku et Shinobu (limite Giyu passe encore), les autres c’est osef total, le festival des PNJ. Non nous sortir leur histoire tragique en un chapitre emballé c’est pesé ne les rends pas attachant. Déjà que niveau charisme, ils ne font pas le poids face aux Capitaines de Bleach mais les 3/4 d’entre eux sont des pétard mouillés. L’auteur n’a pas su prendre suffisamment son temps pour les développer pour qu’ils restent dans nos esprits.


Soyons honnête 2 minutes. Qui se souviendra d’un Genya ou d’un Sanemi face à un Kenpachi ou Histugaya de Bleach ? Même chose pour l’antagoniste, Muzan (Jackson). Qui s’en souviendra dans 15 ans à côté d’un Aizen, d’un Itachi, d’un Doflamingo, d’un Dio ?!


Je tiens aussi à démonter l’argument de la «complexité du manga ou son anti-manichéisme». Non, les démons dans le manga ne sont pas complexes, et nous répéter en boucle tel un disque rouillé qu’ils «ne sont pas méchants, ont étés des victimes et ont eu une vdm », à chaque fois la même rengaine, mouais c’est saoulant d’en faire autant sur le tire-larmes. Je me rappelle beaucoup ce que disait le Chef Otaku sur les personnages de Naruto dans «Le Cas Naruto » (sa vidéo de 2013), dans laquelle il soulevait l’argument que tout les personnages avaient le même passé en « décalqué ». Bizarre qu’on ait fait ce reproche au manga de Kishimoto et pas à celui de Gotoge ou tout les personnages ont pourtant le même passé (leur famille a été tuée par un démon donc ils sont devenus pourfendeurs gna gna…). « Claymore » aussi avait cette manie d’attribuer le même passé à chacune des guerrières de l’Organisation, sauf qu’à la différence, c’est que le manga date de 2001 et surtout que l’auteur a su maintenir une qualité tout du long. Finalement, en voulant élever son manga au rang de «shonen pour adultes» pour la jouer SNK ou TPN...Kimetsu no Yaiba échoue en confondant maturité et naïveté. Finalement, Demon Slayer me paraît être bien moins « tragique » que d’autres mangas. Et s’il y a des morts, cela n’est en aucun cas une qualité notable de l’oeuvre car c’est en adéquation avec l’univers. OK dans One Piece, Oda aurait du faire plus de morts côté persos secondaires, OK Mashima dans Fairy Tail, a profondément manqué de cran en ne faisant mourir personne. Mais à côté de ça, serte les morts dans les shonens ne sont pas nombreuses...mais elles sont utiles pour faire avancer les personnages et amorcer d’important changements psychologiques.
A quoi servent les morts dans Kimetsu no Yaiba ? A rien. La mort est tellement banalisé qu’elle n’a rien de marquant (comme je l’ai dis, la moitié du casting est composé de PNJ oubliables).


Donc que dire sur Demon Slayer au final ? Un mauvais manga qui mérite de se faire haire ? Non. Un chef d’oeuvre qui mérite d’être acclamé et considéré comme une référence du genre ? NON bien loin de là. L’oeuvre a ses qualités, qui en font un shonen bon marché appréciable, mais qui pour ma part, n’a rien à faire à la table des grands. Pourquoi ça marche tant que ça ? Parce que c’est typiquement Japonais ? Mouais non, pour moi c’est une réponse en mousse. Depuis quand les Japonais sont-ils tellement attachés à leur culture dans les mangas ? Si tel était le cas, pourquoi des Kenshin, des Vagabond, des Samouraï Deeper Kyo n’ont-ils jamais connu une telle explosions, eux qui parlent aussi de samouraïs et tout le toutim. Pourquoi Kimetsu no Yaiba et pas un autre shonen ? Vraiment dommage que ça soit lui qui cartonne autant, quand à côté on a des dingueries comme My Hero Academia et Dr. Stone, Tandis que One Piece est dans une passe excellente avec l’arc Wano, et que Mashima ose enfin des choses avec Eden’s Zero ?


Nan, je pige pas pourquoi un tel succès pour Kimetsu. Et je maintiens que si Ufotable n’était pas passé par là, jamais le manga n’aurait autant explosé.


Vous voulez un shonen mature et édifiant écrit et dessiné par une femme ? Tournez vous vers «Magi: The Labyrinth of Magic »de Shinobu Ohtaka (2009 – 2017) qui parle des 1001 Nuits. Ou tournez vous vers «Beastars» de Paru Itagaki (2016 – 2020) qui a su renouveler l’anthropomorphisme avec brio.


A voir si le temps me donnera raison ou tord dans 15 ans et que de futurs mangakas se revendiquent être les héritiers de Koyoharu Gotoge et de Demon Slayer. Mais perso, si un jour mes enfants lisent Demon Slayer, je leur dirais que même à l’époque, je ne comprenais pas l’ampleur d’un tel phénomène, en leur montrant cette critique ;)

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le 27 janv. 2021

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L_Otaku_Sensei

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