Un manga en deux volumes qui porte bien son nom : les détonations des flingues entraînent en effet leur lot (et leur cortège) de macabés… à l’insu de leur plein gré bien sûr. Même si ce n’est pas forcément très réaliste, car au Japon, les armes à feu sont rares pour ne pas dire inexistantes, y compris dans les milieux mafieux…
Qu’importe, car dans ce manga très sombre, souvent glauque et nihiliste, l’ambiance du « film noir », du polar qui broie du noir est assurément très bien rendue… On ne s’ennuie pas et tout avance à un rythme assez soutenu, à savoir cette cavale improbable après que le petit jeune ait mis le doigt dans l’engrenage criminel.
En même temps, si ce n’est de la provocation, on tombe dans l’excès et notamment un agenda de travestis LGBT et consorts (« vivre ensemble » etc) qui ne laisse pas d’intriguer et d’étonner. Et de détonner ici surtout. Bizarre et bien peu crédible, ma foi… même si ça participe à cette ambiance… de plus en plus étrange. Et les (quelques) incohérences du récit ne vont pas les contredire.
Enfin, le dessin… souffle le chaud et le froid : il restitue à plein la noirceur de l’histoire mais s’avère trop crayonné, bricolé, voire un brin bâclé… pour convaincre ! on voit bien que le mangaka sait dessiner… mais qu’il ne se donne pas trop la peine et se la joue un peu trop. Globalement, Détonations n’est donc pas mauvais… mais pas bon non plus, hélas.