Un gros livre qui a le mérite de sortir des sentiers battus de la BD ; une BD donc qui déconcerte par un récit éclaté et qui gagnera à être lu plusieurs fois pour en comprendre toutes les subtilités, car il y en a (aussi bien dans les dessins que dans le récit). Une œuvre très originale qui pourra en dérouter certains.
Maintenant, pour ce qui me concerne, le problème est le suivant : autant les dessins monochromes, que ceux qui tendent vers le lavis et la sépia et même vers la grisaille, autant tous ces dessins passent bien (à mes yeux), autant ceux en couleurs ne passent pas du tout et se perdent en dégoulinades, comme une confiture trop sucrée et mal maîtrisée ( ♪♫ La confiture ça dégouline / Ça coule coule sur les mains / Ça passe par les trous de la tartine ♪♫ ).
Je remarque le phénomène suivant : que ce soit dans les films animés comme « Arco » ou « Amélie et la métaphysique des tubes » ou les BD comme celle-ci ou comme dans les romans graphiques (c’est comme ça qu’on dit maintenant) d'Emil Ferris, je me retrouve à ne guère goûter (pour ne pas dire à détester) les couleurs flashy que ces auteurs utilisent à tort et à travers. Il y a là, peut-être, quelque chose qui tient d'une incompréhension générationnelle…