Chez DC (comme chez n'importe quel gros éditeur), il n'y a pas de mauvaise occasion de se faire un peu d'argent. Ainsi, le rattachement de Watchmen au reste de l'univers DC (ce qui n'a pas du beaucoup plaire à Alan Moore, connaissant le bonhomme) ne devrait pas être une surprise. Ce qui l'est plus, c'est le résultat mi-figue mi-raisin.
Des idées (bonnes et mauvaises), "Doomsday Clock" n'en manque pas. C'est d'ailleurs son principal souci : il y a beaucoup d'idées... qui ne parviennent jamais à former un tout cohérent. A commencer par son préambule.
"Doomsday Clock" veut être trop de choses à la fois : suite de Watchmen, hommage à l'oeuvre de Moore, rencontre entre deux univers et même à la base fondation d'un futur univers cosmique chez DC. C'était l'intention de Geoff Johns. L'évent était censé poser des bases pour le futur de l'éditeur. Sauf que des retards incessants ont un peu gâchés ces belles intentions.
"Doomsday Clock" démarre donc comme une suite à Watchmen. Après sa tentative ratée d'instaurer la paix en unissant son monde contre un ennemi commun, Ozymandias voit son plan révélé au monde entier et devient l'ennemi numéro 1. Une seule solution pour lui : retrouver le seul être capable de tout arranger, en l'occurrence le Dr Manhattan. Mais celui ci se trouve dans un autre univers, en l'occurrence l'univers classique de DC. Il débauche donc un nouveau Rorschach, deux criminels de bas étage et embarque dans le vaisseau du Hibou pour cet univers parallèle (depuis quand le-dit vaisseau est capable de traverser les univers? Ce ne sera pas expliqué).
Ozymandias et sa troupe se retrouvent dans un univers DC qui a bien changé. Les New-52 ont été effacé et le monde est presque revenu au statut d'avant Flashpoint. Presque, c'est le mot juste. Il subsiste quelques différences : la JSA n'existe pas, les super-héros sont apparus bien plus tard et le monde est en proie à une défiance qui menace de se transformer en insurrection.
"Doomsday Clock" multiplie les pistes de réflexions et les storylines mais donne l'impression de ne jamais savoir vraiment où il va. Il faut dire aussi que l'ensemble est long, très long, beaucoup trop long et qu'on finit par se demander quand on va enfin avoir le mot de la fin. Et quand celui ci arrive, force est de constater que la déception est à la hauteur de l'attente : les motivations de Docteur Manhattan et les manigances de Ozymandias tombent un peu à plat. Tout ça pour ça finalement.
Geoff Johns n'était peut être pas l'homme de la situation. Il n'est pas Alan Moore. C'est un scénariste plutôt doué mais classique, pas iconoclaste. Et il a beau faire ce qu'il peut pour se montrer à la hauteur du scénariste de Watchmen, force est de constater que cet event ne parvient jamais à se montrer aussi passionnant que son modèle. "Doomsday Clock" ressemble plutôt à une sympathique fanfic.