En fait, je viens bêtement de réaliser le poids de Dragon Ball sur notre génération. La série animée nous as tous embarqué dans l'univers foutraque d'Akira Toriyama, pour grandir au gré de la gravité de l'intrigue globale.
Le sera-ce toujours ? Je me souviendrai toujours de ce repas familial ou je parle de Dr Spock, et mes soeurs n'avaient pas la ref (les films n'étaient pas sorti pour dépoussiérer le perso). Un repère par essence de la culture générale était en train de disparaître chez les plus jeunes!!! Cosmos 1999; j'en parle même pas! (et je pourrais continuer pour le plaisir de faire mon vieux con)
Mais malgré le déclin de la série dans le dernier arc narratif arraché à Toriyama, et la série reprise en glissant dans le n'importe quoi, malgré ces insulte à l'icone que représente Son Goku, elle triomphe et traverse les générations, j'ai l'impression.
Car ceux qui sont pile de ma génération ont eu la chance de voir la bédé, le manga Dragon Ball sortir chez les marchands de journaux, dans la même période qu'Akira. Les pages étaient imprimées dans le sens européen avant que J'ai Lu ose le sens nippon avec Ken le survivant et Nicky Larson! Les fans commandaient les version nippones de la fin de Dragon Ball quelques mois avant, et d'un coup, on avait le manga en vrai, tout cochon, tout marrant, tout mieux rythmé que l'anime, bref, on a connu l'avant, la grande Transformation que Récré A2 et Club Dorothée, la 5 et Robotech, les dessing animés à partir de 6h du mat, le premier épisode de Lamu et de Ken le Survivant (jamais on avait vu un truc aussi burné et violent!!), la prise de conscience que dans notre culture, il manquait une case, l'adulescent, passer Ken dans une émission pour gosses, ça faisait peu sens, mais rien ne correspondait à la tranche d'age des Seinen, les plus gros consommateurs de mangas au Japon, et un ensemble culturel ignoré chez nous, on passait de l'enfance à l'âge adulte, et l'adolescence, c'était juste "la période où le gosse se rebelle, chope des boutons et devient chiant".
Cette période majeure en terme de construction de soi n'était simplement pas identifiée et je crois que l'arrivée des mangas Shonen et Seinen aura sur le long terme, fait exister culturellement "le jeune", tant en tant que tranche sociale, tranche d'âge, et comme marché conséquent (on ne va pas se mentir, c'est certainement cet aspect qui à le plus joué dans la reconnaissance du Jeune en tant que groupe).
Alors oui, je parle tellement peu de Dragon Ball, c'en est presqu'honteux, mais c'est parce que je continue à considérer que sa force évocatrice l'a placé au panthéon des archétypes jungiens, et que lorsqu'un jeune entend parler de DB, il pense à un gosse avec une queue de singe et un bâton prêt à partir à l'aventure, à un vieux pervers qui se serait pris un hashtag balancetontortuegéniale dès la première apparition, la montée épique que DBZ a insufflé, après un monomythe plus léger, nous plonge dans le tragique (les gentils risquent vraiment de ne pas gagner, la tension dans l'arc Freezer en BD) et la création du héros là encore archétypal.
Dragon Ball est vraiment une perle, pas juste une rigolade ou un coup de nostalgie, c'est l'oeuvre d'une vie qui collera à son créateur jusqu'au bout (même si Toriyama ne s'est pas arrêté à ça), et la création d'un archétype de héros, le Super Sayen (car Akira Toriyama voulait arrêter après l'arc des Sayens et de Freezer. Il a continué de plus ou moins bonne grâce avec les cyborgs et Cell, puis a décidé de faire n'importe quoi (plaisant mais clairement, là, il est plus motivé des masses, même si c'est dans ce fragment qu'on trouve parmi les planches les plus épiques, l'arc Boo), et clairement, il pose les bases pour la débâcle qui suivra immédiatement son départ.
Voilà, peut-être êtes vous les adultes de l'époque qui trouvaient ça concon, ou les nouveaux jeunes qui connaissent de nom mais ne savent pas le degré d'influence que DB et DBZ ont eu sur le paysage du divertissement, ou vous êtes un Frère de vécu, qui s'est pris tout ça en pleine poire.