Rappel du contexte : Hanagami, mangaka de génie, et Miyama, assistant capable d'imiter à la perfection le style des autres, ont échangé de corps. Maintenant, Hanagami fait tout pour revenir au sommet tandis que son ancien assistant fait tout pour lui mettre des bâtons dans les roues.
Notre héros cherche maintenant à publier une nouvelle série en réinventant totalement son style, mais fait face à deux difficultés : déjà, lutter contre ses habitudes après des années d'expérience et de perfectionnement, ce n'est pas si facile que ça, et ensuite il faut trouver un magazine où publier cette série. C'est alors qu'entre en scène Orochi Yamadano, surnommée "le Serpent" pour sa personnalité manipulatrice et vicieuse, une ancienne mangaka interdite de publication, qui tient maintenant son propre magazine avec des pratiques douteuses...
Troisième tome et apparition d'un nouveau personnage ! Avec le "Serpent", on continue dans la métaphore animale (on avait aussi le "Tigre" dans le tome 2), et aussi dans la caractérisation stéréotypée, avec un personnage de femme à forte poitrine comme on en voit des centaines dans les mangas, et qui en plus reprend le cliché (un peu misogyne) de la femme fatale sexy mais très dangereuse car intelligente et manipulatrice. N'empêche qu'elle est une alliée du héros et que sa personnalité est plus là pour amuser qu'autre chose. C'est là que, si on ne l'avait pas compris avant, le contrat du manga devient parfaitement clair : on est vraiment dans du shônen pur jus mais qui ne se prend pas du tout au sérieux ! L'histoire exacerbe à fond les caractéristiques des personnages et créé vraiment de l'humour en montrant à quel point des fois c'est vraiment irréaliste (par exemple la scène de présentation du personnage du Serpent, où elle est vue comme un personnage effrayant et diabolique alors que franchement, on a vu bien pire et bien plus traumatisant comme comportement). Donc si on accepte ce contrat, c'est vraiment très amusant et ça fonctionne bien, même si encore une fois, ça va parfois un peu vite en besogne.
Là où le manga fonctionne le mieux pour moi, c'est encore une fois au niveau des dessins et des découpages. Les designs des personnages et leurs expressions faciales sont excellentes, le dessin est très souple et détaillé à la fois, vraiment très dynamique et rempli d'énergie. Les métaphores animales permettent à l'auteur de se lâcher sur certains découpages et certaines doubles pages en matérialisant ces doubles animaux, et cette fois il redouble d'inventivité sur ces pages là, notamment à la fin du chapitre 16 où on a deux doubles pages vraiment surprenantes et très réussies qui justifient totalement l'achat du tome pour moi.
De plus dans ce chapitre, l'auteur introduit l'idée que le "Caméléon", qui n'existe qu'en copiant les autres, pourrait développer son style sous la menace du retour de son ennemi. Une perspective plutôt alléchante qui promet vraiment pour la suite.
Bref, Dragon & Caméléon, c'est un shônen qui tombe facilement dans les pièges du genre en terme d'écriture et de facilités, mais qui ne se prend jamais au sérieux et redouble de générosité dans le dessin. Ça en fait un tome très agréable à lire encore une fois, et dont j'attends impatiemment la suite.