Dragon Head démontre dès l'entame de l'histoire un degré de maturité rarement atteint y compris dans sa catégorie des Seinen, a priori destiné à un public adulte. En effet, l'histoire commence sur le mode cauchemardesque pour continuer sur le registre carrément apocalyptique, c'est dire si Dragon Head ne laisse pas plus de répit que d'espoir ni à ses protagonistes ni au lecteur. J'ai rarement eu l'occasion de rencontrer une œuvre aussi âpre à tel point qu'il faut avoir prit une double dose de béatitude rose-bonbon à la Dora l'exploratrice avant d'entamer le 1er tome!
Toutefois qu'on ne s'y trompe pas, il y a quand même toujours dans ces abysses de ténèbres un mince faisceau de lumière et c'est justement ce qui fait toute la force de Dragon Head : des personnages en survie permanente mais qui continuent tant bien que mal (mais souvent très mal) à s'accrocher à l'espoir souvent vain d'un futur meilleur, le tout dans une atmosphère certes lugubre, comme je l'ai dit, mais aussi où l'espoir est savamment distillé tome après tome. Les personnages vont ainsi souvent d'espoir déçu en espoir déçu mais ce ne sont pas non plus de grands optimistes de nature : ils espèrent parce que c'est tout ce qui leur reste pour ne pas sombrer dans la folie ou la mort.
Bien que dur pour les nerfs, le récit a surtout le mérite de mettre en exergue les propres ténèbres que chacun porte tout au fond de soi. Dragon Head explore ainsi des thèmes comme la mort, la solitude, la folie et plus particulièrement la ligne parfois floue entre celle-ci et la raison. C'est cette vision que j'ai adoré chez l'auteur : l'homme est la plupart du temps très sombre, et c'est un effort démesuré pour lui que d'effectuer un geste désintéresse - mais cela reste toujours possible.
Le gros point noir de la série restera quand même la fin car après la profondeur (infernale pourrait-on dire) de l'ensemble de l'histoire, l'auteur termine en casant quelques lignes de morale de supermarché - de sa conception sans doute - tellement convenue qu'on se demande s'il n'as pas confié cette partie du scénario à son gamin de 5 ans.
taboun
8
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le 26 oct. 2010

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