Tout simplement génial. Tout d'abord parce que cette première enquête de Nävis met le dessin et la couleur à l'honneur, avec des décors variés et très réussis, des scènes urbaines qui nous ramènent à la première moitié du vingtième siècle aux grands paysages enneigés en passant par la hutte intimiste dans laquelle Nävis crée le premier contact avec cette race qui lui ressemble. On a même droit à une scène d'action qui se déroule dans une boucherie industrielle, ce qui ne manque pas d'originalité.
Ensuite, parce que les personnages sont très bien développés, comme par exemple le révolutionnaire Clément Vildieu ou encore le rustique mais néanmoins redoutable Princhard. Les dialogues, qui restent une force de la série, sont à nouveaux très bien trouvés, comme par exemple les discours remontés de Clément.
Enfin, et c'est le point le plus important, parce que le scénario prend une ampleur et une complexité qui n'avaient été qu'effleurées dans les deux premiers tomes. Cette recherche de ses congénères dans laquelle semble se lancer Nävis pourra certainement servir de fil pour la suite de la série.
Au niveau des détails, on notera que la police d'écriture est bien choisie, après avoir changé à chaque album jusqu'ici. C'est un parti pris moins violent que dans le premier tome, et moins brouillon que dans le deuxième.
Une autre petite chose qui me plait beaucoup dans le travail de Jean-David Morvan, c'est sa faculté à introduire de façon toute naturelle un élément original, lequel servira ensuite à la résolution d'une scène de combat. C'était le cas dans le deuxième album avec les chauves-souris géantes, cela se reproduit dans celui-ci avec la plante qui enfle au contact d'une flamme.
Tout cela mis ensemble fait de cet album une sacrée réussite, pour une série dorénavant bel et bien lancée.