Après avoir vu l'adaptation de Guillermo del Toro netflix (que j'avais notée 7/10), je me suis plongé dans le pavé de Georges Bess.
Et là, c'est un 10/10 !
J'ai absolument adhéré à tout. Le dessin est magnifique, ça fourmille de détails, sur chaque planche mon regard s'est attardé pour me plonger dans cette ambiance.
Bess parvient à faire passer les tourments de la créature grâce à son son trait, avec un noir et blanc qui donne une profondeur qui sied parfaitement au récit.
Le découpage est brillant : il se renouvelle sans cesse, cassant la monotonie pour épouser la folie de Victor ou la solitude du monstre.
J'avais lu le roman de Mary Shelley il y a plus de 20 ans. Mes souvenirs étaient très vagues, presque effacés, mais en lisant cette BD pas mal d'éléments sont remontés. Là où j'avais trouvé que Del Toro prenait des libertés qui fragilisaient parfois son récit (notamment sur les personnages secondaires comme le frère de Victor ou le mécène joué par Waltz ou l'histoire de la belle et la bête entre la promise de Frankenstein et sa creature), Bess fait le choix de la fidélité absolue.
Si Del Toro m'avait emballé par sa générosité visuelle malgré quelques soucis d'écriture, Bess, lui, réalise un sans-faute.
Ce qui fait la différence pour moi, c’est la dimension tragique de la créature : dans la BD, elle est encore plus touchante et désespérée, ce qui rend l’histoire plus forte. Victor est très bien traité dans les deux versions, mais chez Bess il est plus détestable, sans aucune empathie pour sa création.
La partie dans la ferme est plus développée et un peu mieux menée je trouve tout comme le destin des proches de Victor, qui gagne en impact.
C'est une adaptation généreuse, sincère et techniquement excellente.
Bref, pour le moment c'est pour moi la version définitive du mythe. Dans tous les cas une pépite à posséder absolument.
Maintenant il me reste notamment le Branagh a voir.