Nouvelle entrée: la guerre de sécession, et des déserteurs noirs.
Nouveaux enjeux en terme d’intégration: où l’on constate une fois de plus que la communauté Fraternity n’est pas le pays des bisounours.
On veut bien construire un nouveau monde, mais entre gens bien.
Il était déjà difficile d’accepter une femme, un enfant sauvage muet, une bête mystérieuse, comment penser que les nouveaux arrivants feraient exception?
Si la communauté est fondée sur des principes de neutralité par rapport au conflit politique, les vieux démons se réveillent, et plus que le monstre surnaturel, c’est le monstre qui habite les hommes qui devient le centre névralgique du récit.
Fraternity narre la décadence d’une société qui en voulant se construire ex nihilo retombe immanquablement dans les travers qu’elle a voulu fuir.
Un constat d’échec qui n’empêche pas les auteurs de nous quitter sur une lueur d’espoir, juste pour laisser penser que le destin de cette communauté n’est pas une fatalité.
Malgré son argument déprimant Fraternity reste une lecture agréable dont on aurait tort de se priver: elle a su créer une atmosphère et des thématiques qui rendent la lecture vivante et constitue un matériau de qualité.