Le "retour" de Ghost in the Shell est assez déconcertant, il s'inspire nettement de la série animée Stand Alone Complex, ce qui n'est certes pas un mal ; cependant, Masamune Shirow n'est plus aux commandes de quelque manière que ce soit depuis longtemps, ce dernier se cantonnant désormais comme on le sait -avec un succès certain- au hentaï, sa grande passion.
Yu Kinutani a repris le flambeau, une lourde charge et un véritable défi en soi pour succéder au Maître du Cyberpunk en string et porte-jarretelles. De ce point de vue, on reste un peu sur sa faim, l'inénarrable aspect coquin et voyeur très caractéristique de la licence se retrouve très édulcoré ici bien que le minimum syndical soit encore parfois assuré.
Le style du dessin de Kinutani n'est pas désagréable mais forcément à des lieux de celui de Shirow, ce qui exige un certain temps d'acclimatation. Par contre, le scénario de ce premier tome est en totale adéquation avec la doctrine GITS et se laisse lire avec entrain d'autant que l'intrigue reste toujours claire et maîtrisée.
Si humour il y a, il ne s'agit que de tentatives plus ou moins réussies, assez loin de l'humour pochard des deux premiers tomes originaux de Shirow. Les personnages n'ont pas grande épaisseur pour l'instant et si on ne les connaissait pas autant pour les avoir côtoyés depuis nombre d'années, on se poserait de sérieuses questions sur leur développement ici. Cela étant, ce premier tome peut valoir un coup d'oeil.
Pour le premier tome, j'ai fait allusion au côté "nettement inspiré" de la série animée éponyme mais après revisionnage de la-dite série, il est clair qu'il s'agit d'un copié-collé très servile et scolaire, ce qui limite grandement du coup l'intérêt. Un effort d'adaptation aurait été préférable surtout que quelques pages proposent un dessin quelque peu confus de l'action décidément débridée de ce second épisode.
Cela reste évidemment intéressant avec une histoire bien fichue et la belle ambiance cyberpunk mais constitue une redite inutile d'un media à l'autre, l'idéal étant de faire l'impasse sur l'un des deux. Il vaut donc mieux éviter le manga copieur, car s'il est joliment dessiné, son style pâlit en comparaison des oeuvres de l'auteur original, Masamune Shirow. J'ai le sentiment de m'être fait avoir et ça ne me plaît décidément pas trop.
Pour le troisième tome… encore un copié-collé de l'un des épisodes de la série animée éponyme, l'épisode 7 en l'occurrence ! à part deux détails ici, on reste fidèle à la copie plan par plan, les dialogues repris entièrement etc, etc… bref c'est la même chose ! Pourtant dans l'absolu, il s'agit de l'un des épisodes les plus réussis de la première saison, transposé avec dévotion sur papier… mais cette redondance inutile sans aucun effort d'adaptation ou d'interprétation m'est insupportable.
Le style du dessin de Kinutani est tout à fait appréciable et dans l'ensemble soigné et là aussi, fidèle au dessin de la série. Cependant, toute comparaison avec le style des mangas originaux de Shirow ou de la série animée elle-même est à éviter, tant le manque de personnalité apparaît d'autant plus criant jusqu'à édulcorer l'héroïne principale : Kusanagi ressemble à une adulescente assez fruste et sans élégance ici....
Bref, ne pas lire ce manga juste après la série… et inversement. En tout cas, je n'ai certainement pas acheté les deux autres tomes parus (4 et 5), je m'arrête là !