Un manga en trois volumes qui rassemblent des sketches ou des saynètes, de petites histoires de la vie quotidienne moderne mais sur des thèmes majeurs et d’une importance souvent capitale… la dernière histoire du tome 3 sur la peine de mort est édifiante à cet égard et pleine de lucidité… L’auteur brosse ainsi des portraits peu amènes, cruels et flamboyants des travers humains, de l’hypocrisie et de l’absurdité de la société…
Cette société timbrée, qu’elle soit japonaise ne veut pas dire qu’elle ne nous concerne pas, car elle est en vérité universelle, car la connerie est universelle, quoi qu’on en dise ! On a donc des tarés, des faux culs, des assassins, des harceleurs, des violeurs, des suspicions, des rumeurs, le « qu’en-dira-t-on » omniprésent et la vanité qui nous gouverne… entre autres !
C’est brillant et sans pitié, d’un humour grinçant qui décape impitoyablement, au vitriol ! et donc souvent hilarant et ricanant… Quelques saynètes plus courtes que les autres sont néanmoins un peu trop absurdes ou bien parfois d’un goût douteux, voire carrément un peu trop crades… ici et là, hélas.
Le dessin est clair, détaillé et très maîtrisé, il sert parfaitement le génie satirique de l’auteur-dessinateur, car si c’est aussi drôle, c’est grâce également au trait si précis et caricatural du mangaka. Ce manga est évidemment un peu un ovni dans son genre ; on sait les excès de bien des mangas à bien des égards mais à ce niveau-là, tout de même, il fait fort ! peut-être un peu trop d’ailleurs… mais il faut ce qu’il faut, comme on dit.