Il est toujours difficile de réinterpréter les origines d'un mythe. D'autant plus que dans le cas qui nous intéresse, le personnage principal, popularisé via le cinéma, a été porté à l'écran par quatre fois, dont une nous racontait, déjà, sa naissance. C'est pourtant la difficile mission qui a été confiée à Howard Chaykin et à Gérald Parel pour ce Iron Man Season One, énième origin story pensée pour mettre Tête de Fer à la portée d'un nouveau public.
Le duo ne s'écarte que peu du postulat de départ : personnage antipathique, fabricant d'armes, guerre, blessure, construction d'une armure de bric et de broc, évasion, trauma, tout est là. Cependant, Chaykin a choisi de faire naître un nouvel ennemi à Iron Man en la personne de Maouad Khouri, tout droit issu de son passé. Conformément au schéma classique des comics, cette némésis est engendrée par les agissement du super héros en devenir, dont il représente une sorte de reflet, monstrueux et déformé. Outre cette nouvelle figure dans le paysage d'Iron Man, Chaykin greffe à son origin story une sombre histoire de complot et de détournement de fonds et surtout, reprend des éléments de la saga Le Diable en Bouteille, faisant de l'alcoolisme de l'anti héros le ressort de ses décisions.
Ses quelques ajouts sont intéressants et font porter un oeil neuf sur les événements entourant la création d'Iron Man, tout en ne se démarquant que peu de la trame classique et connue maintenant de tous.
La partie graphique est assurée par Gérald Parel, authentique talent français (pour une fois !) qui fait de chacune de ses planches une véritable oeuvre d'art. Ses peintures magnifiques jettent le lecteur au coeur de l'action, que ce soit en pleine jungle ou encore au milieu d'affrontements urbains dantesques. L'incroyable beauté de son art achève de faire de ce Iron Man Season One une oeuvre à conseiller.