Jeff Lemire est une fourmi. Une petite ouvrière qui cent fois sur le métier remet son ouvrage. Cette année, le Canadien a nourri Sweet Tooth, son épique saga sur des enfants animaux en proie à la fin du monde, présidé à la résurrection d'Animal Man en créant un éco-univers chez DC en duo avec Scott Snyder (sur Swamp Thing), raffiné le relaunch de Justice League Dark en mettant le fumeur bougon John Constantine à la tête de son équipe. DC, sûr d'avoir trouvé une nouvelle pépite, l'a même laisser jouer à Batman avec Legend of the Dark Knight.

A la fin de la journée, on pourrait se dire que le gars serait content de quitter sa table à dessin, de ranger ses milliards de scripts pour apprécier le confort d'une bière domestique largement méritée. Au lieu de ça, il a été négocier avec la direction de DC que Matt Kindt reprenne Sweet Tooth le temps d'un flash-back fort bien mené, pour se libérer quelques heures et oeuvrer à la destinée de Jacky Boy, son Underwater Welder.

Un plongeur qui n'a jamais su quitter la riante bourgade de pêcheurs canadiens dans laquelle il a vu le jour et se retrouve aujourd'hui avec deux comptes à rebours sur le dos.
Il compte d'abord les jours qui le sépare de la naissance de son fils. Père fuyant en devenir, il préfère se terrer sous l'eau, à l'ombre d'une plateforme pétrolière, une bouteille dans le dos.
Jack compte aussi les jours qui le sépare de Halloween, date qui le renvoi à son statut de fils fuit par un père qui hésitait entre les bouteilles de pêcheurs et la boutanche. Avant de disparaître sous l'eau.

Tout ça pourrait donner un mix un peu indigeste, au pathos dégoulinant. Sauf que Jeff Lemire est un type fin et qu'il a le bon goût de rajouter un zeste de Quatrième Dimension.

A ce premier drame, vient s'ajouter un second: comme Sweet Tooth, The Underwater Welder n'aura peut-être pas la chance d'être publié en français.

EDIT--------------------
Evidemment, des fois la vie est belle. Et Futuropolis vient de sortir TUW en VF sous l'horrible traduction: Jack Joseph : Soudeur sous-marin. L'important, c'est de pouvoir le lire.
Marius
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le 13 août 2012

Modifiée

le 15 août 2012

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Marius

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