10
le 1 févr. 2011
SuivreL'histoire sans fin
Jojo's Bizarre Adventure est une série fleuve et culte débutée en 1987 et qui est toujours en cours de publication au Japon. La série fait actuellement 97 volumes, le tout constitué de 7 parties...
... et ce bateau a pour capitaine un dénommé Hirohiko Araki à la barre de tout ce joyeux bordel. JoJo est typiquement l'oeuvre que l'on peut autant aduler que détester sans réel entre-deux tant elle incarne la définition du délire. OVNI à son époque et aujourd'hui, quasi-victime de son succès soudain avec l'apparition de l'anime, source de mème intarissable sur le net, il est très peu probable que l'internaute moyen ait échappé à JoJo, pour son plus grand bonheur, s'il accroche, ou plus grand malheur s'il trouve ça con de voir d'illustres inconnus prendre les poses les plus anatomiquement improbables pour gueuler des onomatopées dans cette langue barbare qu'est le japonais.
JoJo est donc une oeuvre dont la plus grande force, à savoir sa singularité, est peut-être aussi ce qui aura été sa plus grande faiblesse, là où tout ses contemporains ont connu leur pérégrination vers l'Ouest dès les années 80, malgré une tentative (pas si ratée) d'OAV dans les années 90, il aura fallu attendre 26 ans après sa première publication à JoJo pour percer en dehors du territoire japonais pour de bon, passant de manga réservé à une poignée élitiste à un phénomène populaire massif. Néanmoins, je le redis, mais JoJo n'est pas à mettre entre toutes les mains. Car avant d'être abordé, JoJo demande au moins une des deux qualités suivantes : de l'ouverture, ou de la patience.
Car celui qui se met à lire JoJo dès le tome 1 a généralement deux réactions. Soit il accroche immédiatement au délire, aux fantaisies d'Araki, à ses exagérations saugrenues, comme cette fameuse descente de carrosse de Dio en toute simplicité. Soit quelque chose le dérange : tout va très vite, trop peut-être, il ne sait pas à quel degré prendre ce qu'il est en train de lire, il a l'impression d'être pris pour un con à se faire expliquer littéralement chaque détail et chaque pensée des personnages. Tant pis, il faut tenir, car cette sensation est celle que l'on peut ressentir à la lecture de la première partie. Première partie sur huit actuellement. Et qui ne prend que 5 petits tomes sur 120.
Car généralement, à ceux perdus lors de la partie 1, les déboussolés qui ne savent pas trop s'ils doivent continuer, les courageux qui ont fait l'effort de ne pas juger aux premières impressions difficiles, la bouffée d'air frais arrive dès la partie 2 : le ton semble plus maîtrisé, le rythme est mieux géré, les personnages s'incorporent mieux au récit, l'humour, la tension et l'émotion sont davantage palpables. Et généralement, c'est là qu'on accroche. Et après avoir vu un héros tout en muscle allié avec des nazis affronter des vampires aztèques tout en muscles aussi, on accepte bien mieux toutes les autres folies du manga. Est-ce que c'est parce que la partie 1 est nulle et la partie 2 géniale ? Que nenni, aucune partie de JoJo n'est à jeter, c'est simplement que l'on arrive à la deuxième force de JoJo : la diversité.
Chaque partie est une ode au renouveau, au changement, à l'évolution. A chaque partie, un nouveau héros, de nouveaux personnages, un nouveau genre exploré, un nouveau cadre, et même un nouveau style graphique grâce au trait d'Araki en constante progression, mais surtout évolution, si bien que l'on peut douter qu'il soit bien l'auteur de la partie 1 et de la partie 7 tant le gouffre se fait ressentir. Et on en arrive à la troisième des forces de JoJo : l'audace.
Araki est en effet un type d'auteur extrêmement absolu dans ses choix, qui peuvent être plus que drastiques. Tuer le héros à la fin d'une partie n'est qu'un choix désuet comparé à ce dont Araki est capable : réécrire les règles des combats en envoyant au chiotte tout un art martial développé pendant deux parties, car il l'a jugé trop limité ? Pas de problème, Araki le fait d'un claquement de doigt. Et je ne citerai pas d'autre exemple pour ne pas spoiler, mais tout ceux ayant lu la fin d'une certaine partie sauront ce que je veux dire par "choix drastique".
Enfin, quatrième et dernière grande force de JoJo : le concept du Stand. Bien qu'il n'apparaisse que dès la partie 3, c'est devenu de très loin l'aspect le plus emblématique du manga et probablement celui qui a le plus marqué ses successeurs. Ce concept donne toute la saveur des combats de JoJo, car malgré l'existence de règles, il est extrêmement permissif pour l'imagination fertile d'Araki. Bon on a évidemment les grands classiques dans les premières parties, comme cracher du feu, de la glace, avoir une superforce, une supervision, ce genre de trucs ... Mais très vite ça part en couilles, pour le plus grand bonheur des lecteurs. Un combat dans JoJo, ça peut être une partie de carte endiablées où on parie son âme. Ça peut être contre un pylône électrique dont on ne peut sortir du rayon d'action, à moins de trouver un remplaçant. Ça peut être un combat aux proportions divines où les Stands arrêtent, effacent, accélèrent le temps. Ça peut être un pierre papier ciseau en plein saut au-dessus des toits des immeubles. Ça peut être des fusillades en faisant tourner ses ongles selon la rotation induite par la spirale d'or. Ça peut être une grosse battle royale sanguinolante causée par un Stand qui a pour seul pouvoir d'énerver. Il y en a pour tout les goûts, faisant appel à des notions aussi diverses et variées que la physique quantique, la philosophie, la cryptozoologie, le spiritisme, ou juste des concepts bien débiles auquel il fallait penser.
Enfin, JoJo est un gros hommage à la culture Occidentale où les références au cinéma ou à la musique populaire fusent dans tout les sens, avec en prime une bonne touche d'ultraviolence et d'hémoglobine à la moindre coupure sur papier, avec des personnages qui ont évidemment des os en diamant, 50 litres de sang, 3 exemplaires de rechange de chaque organes et une résistance à la douleur de Terminator.
Bref, JoJo, on aime, ou on déteste, cela reste néanmoins un manga aux qualités indéniables qui peut malgré son âge encore foutre une claque sans précédent pour peu qu'on y accroche. Et si on accroche pas, c'est pas grave. Vous finirez seulement dans le même enfer que ceux qui disent que la fin de la partie 6 est nulle.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 2 oct. 2019
Critique lue 507 fois
10
le 1 févr. 2011
SuivreJojo's Bizarre Adventure est une série fleuve et culte débutée en 1987 et qui est toujours en cours de publication au Japon. La série fait actuellement 97 volumes, le tout constitué de 7 parties...
5
le 28 avr. 2023
SuivrePour noter JJBA dans sa globalité, j'ai considéré qu'il fallait que je fasse la moyenne des huit parties publiées à ce jour. Chacune de ces parties ayant ses propres protagonistes et, bien que liées...
9
le 10 févr. 2019
SuivreNani ? Une critique de jojo qui pop comme ça ? Ba oui mon coco / ma cocotte . Voici donc mon avis sur ce fabuleux manga qu'est Jojo's Bizarre Adventure , qu'on raccourcira juste en jojo :p . Sorti en...
5
le 19 févr. 2022
SuivreCuphead le jeu, c'était sympa quand même. Et c'est généralement admis que la grosse réussite du jeu, c'était son ambiance visuelle rendant hommage aux vieux cartoon. Faut dire que le pari était...
9
le 26 oct. 2023
SuivrePrimus, tout le monde connais sans le savoir, pour le générique de South Park. C'est le groupe que 3/4 du temps quand je fais écouter à mes potes, à chaque fois ils répondent la même rengaine :...
8
le 7 janv. 2018
SuivreJe ne suis pas vraiment fan des MMO, ni des free to play. J'avais eu une expérience assez mitigée avec un certain APB : Reloaded, jeu qui se voulait être un GTA en ligne plutôt alléchant, mais...