Parmi les « petites victoires » qui rythment notre quotidien figure celle où j’appartiens aux lecteurs de l’ère des cristaux depuis la parution du tome 1. Pas de quoi pavoiser outre mesure même si la relecture de l’intégrale m’a rappelé que le premier tome ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Je le trouvais (et le trouve encore) assez raté, avec une traduction pas 100% claire et un univers mal expliqué. J’étais partagé sur la suite des opérations : arrêter ou continuer ? La seconde option fut retenue et ce fut un choix plutôt heureux tant les tomes suivants lèvent le voile sur les mystères du début.
L’ère des cristaux nous plonge dans un système solaire sans aucun humain. Si des formes humanoïdes sont présentes malgré tout, elles se répartissent en cristaux, séléniens et admirabilis. Les premiers sont victimes d’attaques récurrentes des seconds qui cherchent ainsi à récupérer des morceaux de cristaux pour les emporter avec eux. L’appétit des matières premières n’a pas disparu.
Le récit se déploie pour nous montrer l’organisation des cristaux, les liens qui se tissent, la place singulière occupée par maître Vajra, qui est le Saitama de ce manga - il one-shot les séléniens (fun fact : son nom donne Ravage en verlan et il y a un peu du roman de Barjavel dans ce manga). Parmi cette communauté d’immortels se trouve Phos, un cristal qui ne parvient pas à trouver sa place, une fonction à remplir. Il sera le moteur du récit au gré de ses missions et évolutions. C’est par ses actes et interactions que nous en apprendrons plus sur le passé et que des points de vue autres que ceux des cristaux nous serons proposés.
On a donc affaire à un récit où le temps long est de mise (on prend facilement 100 ans dans les dents), où l’intrigue connaît des répétitions et où les cristaux sont filiformes et asexués (même si le rendu est quand même très girly amha), bricolés quand endommagés (c’est moins gore que dans The Substance) et sans doute trop nombreux pour susciter un intérêt égal de la part des lecteurs. Le trait de l’autrice brille par sa fausse simplicité.
En treize tomes L’ère des cristaux nous propose un récit complet, qui à l’instar des gemmes brille encore davantage grâce à ses imperfections. Il y a clairement une tonalité différente par rapport à un grand nombre de titres que l’on peut lire en version française. Suffisant pour le placer parmi les meilleurs ?
Ci-dessous figure un brouillon rédigé ici suite à la lecture du tome 1. Je l’ai retrouvé en postant la critique ci-dessus. On pourra y voir l’évolution d’une pensée et la maladresse du passé ?
Tome 1 lu,
La couverture avec les éclats de cristaux attire, tout comme la disposition des personnages et les couleurs. Pas de mots pour mieux expliquer mon ressenti.
C'est particulier comme univers, ça ne ressemble trop à rien de connu (du point de vue de mon expérience de lecteur). Je me suis demandé tout le long qui était la mangaka. Les personnages sont asexués mais c'est bizarre de voir ces "gemmes" à forme humaine. L'emploi du masculin tout du long surprend au départ (je n'ouvrirai pas là le débat autour de l'emploi du masculin et de ses effets), tout comme le titre des chapitres et les propos tenus par moments. Ce monde, son fonctionnement, ses menaces, Phos et les autres... Je regrette qu'il n'y ait pas plus de pages couleurs.
Bilan : j'en reste un peu retourné, incapable de vraiment analyser cette expérience de lecture pas comme les autres. Vraiment.