Comment ne pas sortir absolument lessivé à la lecture de « L’Incal » ?Le spectateur est comme qui dirait prit en tenaille entre, d’une part, les dessins absolument splendides et tranchants de Moebius et de l’autre les délires mystico-philosophico-abscons de notre ami Jodorowsky qui nous fera allègrement croire que ses histoires cachent une réalité secrète uniquement destinée à l’élite qui saura éveiller ses sens et son esprit vers des contrées lointaines dépassant l’entendement humain.Tant et si bien que le lecteur se retrouve comme une biche dans les phares d’une voiture, embarqué dans une histoire déjanté qui le dépasse, à l’instar de ce pauvre John Difool, détective de classe R devenant, bon gré mal gré, l’enfant de la prophétie, lui qui ne rêve que d’homéoputes et de ouiski.Pour autant, « L’Incal »détient un pouvoir de fascination immense et de nombreuses images géniales nous restent au coin de la rétine bien après leur découverte. Assurément, une seule lecture sera loin d’être suffisante pour percer le mystère de cette fascination unique.