L'enchantement continue avec ce tome 2, qui m'a donné l'occasion de replonger dans le premier opus. Cette relecture fut un vrai délice, portée par une ambiance qui nous enveloppe tout du long et qui prépare parfaitement pour ce second volume.
Ce tome 2 est en fait assez indépendant, même si on reste dans le même univers. Il se concentre sur un autre personnage, Brèche-Dent, que l'on avait rencontré dans le premier tome , celui qui s'occupait de notre chère Blanchette, alias Trois-Fois-Morte. D’ailleurs, c’est intéressant d’apprendre dans une interview que la série devait à l’origine être une trilogie centrée uniquement sur Trois-Fois-Morte, avant que les éditrices de Rue de Sèvres ne poussent vers une “série-monde”, avec un nouveau personnage à chaque tome.
“Les éditrices de rue de Sèvres ont été les seules à nous dire qu’elles étaient sceptiques sur ce format de trilogie en nous avertissant que s’il fallait passer deux ans entre chaque album – ce qui est à peu près le rythme qu’on risque d’avoir ici et qui est un très bon rythme pour fournir des beaux albums – ça risquait d’être un repoussoir pour un jeune public, surtout si c’était à suivre”.
Ici, dans Une vie de Vaurien, ce qui frappe dès les premières pages, c'est la prestation incroyable du dessinateur et coloriste Jean-Baptiste Andréae. Les dessins et les couleurs sont tout simplement grandioses, un vrai régal de bout en bout. Pendant ma lecture, je ne sais pas pourquoi, j'ai d’ailleurs pensé à la dessinatrice brésilienne Bilquis Evely (Supergirl, Helen de Wyndhorn), en me disant aussi que si Andréae faisait du comics, il aurait sans doute choppé un ou deux Eisner. Bref, sa prestation est impressionnante, et je me suis encore une fois totalement plongé dans ses dessins.
Côté scénario, Vehlmann adopte un style différent du premier volet, ce qui m'a beaucoup plu, mais qui m'a un peu moins captivé. L'histoire reste très bonne, mais elle me semble plus orientée jeunesse. On retrouve une narration à la Brume, avec une aventure que l'on pourrait facilement imaginer dans un récit jeunesse. Et ça ne me déplaît pas du tout, au contraire, mais je me suis un peu moins senti porté par l’histoire.
Et puis il faut le dire, je n'ai pas retrouvé toute la tendresse que j'avais eue pour Trois-Fois-Morte, même si le petit Vaurien de ce tome 2 est un amour que j’ai adoré suivre et que j'espère vraiment retrouver dans le tome 3.
Un tome 3 qui sera sûrement centré sur Beau-Regret, le chef-ogre-cuistot-gourmet. Et là encore, ça promet. Le rendez-vous est pris en tout cas