Après des années à bâtir une société plus juste, après avoir survécu aux cannibales, à de nombreux psychopathes, à des êtres qui avaient tellement perdus leur humanité qu'ils ne pouvaient se différencier des zombies, après tout cela, le véritable danger ne vient plus de l'extérieur mais de l'intérieur. C'est le retour des privilèges, incarnés par ceux qui refusent de perdre leur position de pouvoir.
Le plus dérangeant dans cette nouvelle lutte n'est pas la violence brute, mais l'arrogance capricieuse de ceux qui, au bord de l'effondrement du monde, continuent de se cramponner à un pouvoir oligarchique, craignant de perdre leurs privilèges au détriment du bien commun. Cette confrontation est plus insidieuse que tout ce que Rick et son groupe ont affronté : c'est une lutte contre l'ancien système qui refuse de mourir.
Ce tome nous plonge dans une injustice qui laisse place à une colère bien trop proche de notre réalité. On a détesté des figures brutales comme Negan, le Gouverneur, Alpha et tant d'autres... Mais ce personnage, lui, on le connaît trop bien. Il existe dans notre monde réel. Il ressemble à ces fils de riches, ces héritiers qui n'ont rien fait pour mériter leurs privilèges, et qui exploitent les ressources sans se préoccuper du reste de la planète. Il incarne un échantillon criant de l'injustice terrestre, une violence sourde qui, contrairement aux monstres et aux psychopathes que Rick a affrontés, reste profondément ancrée dans la société. Et aura pour volonté de répéter à l'infini l'injustice des privilèges même après l'effondrement du monde. C'est triste.