Une écriture absolument magnifique, avec une plume trempée dans l'or, pour décrire une société gangrénée par le vice...
Personnellement, si j'ai adoré la prose de monsieur Wilde, les personnages m'ont donné envie de vomir (sauf Basil).
Toc toc toc, je cherche "monsieur empathie".
Et ce n'est pas tant Dorian Gray qui m'a foutu la gerbe, que ce Lord Henry. Même s'il a de supers punchlines, il représente la mochitude du misogyne insensible superficiel. Entouré de personnalités, probablement très beaux et séduisants superficiellement, mais qui sont moches moches moches à l'intérieur. D'ailleurs n'est-ce pas le propos de l'œuvre De Wilde? Même si c'est symboliquement, le portrait qui en prend plein la tronche, nous en tant que lecteurs, nous voyons la dégradation morale en première ligne. À mesure que les pages se tournent, l'éclat de l'écriture contraste avec l'ombre des âmes qu'elle décrit. Comme le portrait d'ailleurs, caché dans une pièce sous des tissus... Est-ce que j'ai aimé ce roman? Entre la vacuité des personnages et les interminables inventaires d'objets de luxe comme si je regardais un catalogue de chez Christie's, je ne sais pas. Entre fascination et agacement, j'ai refermé ce roman avec un sentiment mêlé d'admiration pour la plume et de rejet pour le monde qu'elle dépeint. Cela m'a fait penser à ce riche qui a payé des fortunes une banane scotchée pour la manger, tandis que des milliers d'enfants dans le monde meurent de faim. Le luxe et la morale peuvent-elles cohabiter? Ou les riches sont tous des Dorian Gray?