La Force de Vivre
7.3
La Force de Vivre

Roman graphique de Laurent Astier (2025)

Bin ça se lit bien.


La première moitié est quand même un peu ronflante : pas de conflits, juste deux mecs qui se rencontrent et deviennent super potes. Malgré toutes les pages consacrées à cette amitié on a quand même du mal à comprendre pourquoi ces deux-là s'entendent mieux qu'avec quelqu'un d'autre, y a juste un côté 'magique inexplicable' quand ils se touchent ou bien restent en tête-à-tête.


Un peu gay ? Beeeeeeeeeeeeeeen. Au risque de surprendre l'auteur, cette bromance a tout d'une romance gay. Quand l'un rougit parce que l'autre l'a effleuré, quand les deux sont tristes de pas pouvoir faire une balade juste à deux... Je comprends en même temps, je me souviens mon meilleur pote en secondaire ça me rendait triste quand il m'invitait chez lui et qu'il y avait toujours d'autres gens, au final on parlait de moins en moins et on s'est éloigné en partie à cause de ça. Et on ressent une vraie frustration. Mais ici, on ne ressent pas cette mise en contexte, y a vraiment un côté typique des romances pour ado, voire même plus spécifiquement des romances dans un manga. C'est un peu bizarre.


Mais cette homosexualité non avouée aurait été plus intéressante si plus assumée ou tout au moins mieux exploitée involontairement, mais l'auteur montre (peut-être pour 'rassurer' son entourage) qu'il est heureux avec sa femme. En tous cas, y a clairement des choses pas assez mises en valeur dans ce bouquin. Ne fut-ce que la future femme du héros qui n'a plus trop de rapport avec ce copain pendant presque tout le bouquin mais qui dit, à la toute fin, regretter de n'avoir pas pu lui dire un dernier mot (au contraire de Laurent qui lui dit que ce n'est pas grave) ; puisqu'on a passé autant de temps juste pour montrer du bonheur sans péripéties, il n'aurait pas été un mal de montrer le ressenti du personnage face au décès de son ami plutôt que de passer directement aux funérailles (ceci dit le mot dit aux obsèques est touchant).


Le récit reste intéressant, parce qu'on découvre le combat dans toute sa complexité : ça va bien quelques années, puis rechute, puis ça re-va, puis nouveaux problèmes, ... c'est assez délirant et difficile tant pour le principal concerné que son entourage.


Graphiquement, y a du bon et du mauvais. Bon, au début, quand les 4 potes sont ensemble, j'ai vraiment eu du mal à les distinguer. En fait, le problème ce sont surtout les deux potes qui bossent avec laurent, il n'a p'tet pas passé assez de temps sur eux pour mieux les distinguer, du coup, on les confond et on ne retient même pas leurs noms (un soulagement qu'ils se disputent et partent chacun de leur côté). Sinon, même si le découpage est très premier degré, y a de belles vignettes, de belles trouvailles visuelles, des attitudes bien rendues, des personnages très (trop?) expressifs (purée les torrents de larmes qu'ils peuvent pleurer).


Le jeu de couleur est intéressant, simple et efficace. Avec une technique maitrisée qui plus est. Alors c'est que du bonheur. La typo fonctionne bien, même si c'est une à l'ordi, à partir du moment où on crée sa propre typo, ça peut bien donner (je rêve de pouvoir trouver un logiciel pour créer la mienne, ça me permettrait de moins me prendre la tête quand je dessine mes BD). La mise en page est plutôt sympa, avec quelques cases à bord perdu ; à la fin du récit, y a une mini histoire genre 'comics', l'auteur a globalement compris les codes mais ça manque de fougue et passé les deux premières pages, ça devient même trop sage, trop européen (pas assez de débullé ni de folie), mais ça reste amusant à lire.


Bref, ça se lit bien.

Fatpooper
6
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le 15 sept. 2025

Critique lue 21 fois

Fatpooper

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