Avec La Langue des vipères, Juliette Brocal signe une ambitieuse bande dessinée de fantasy où s'entremêlent magie, religion et intrigues de pouvoir. L'histoire suit Iodis, jeune femme élevée dans une abbaye où l'on étudie la Langue, une magie liturgique capable d'accorder des visions à ceux qui la maîtrisent. L'arrivée d'une nouvelle élève, Halcyon, bouleverse les équilibres déjà fragiles de cette communauté, tandis qu'une mystérieuse disparition fait émerger des secrets plus profonds qu'il n'y paraît.
La grande réussite de l'album réside dans la richesse de son univers. Brocal construit un monde crédible, où les rivalités sociales, les croyances religieuses et les jeux d'influence s'entrelacent naturellement. Son dessin, élégant et foisonnant, donne une véritable personnalité à cette abbaye imaginaire, tandis que les personnages gagnent progressivement en épaisseur au fil des révélations.
Cette densité constitue aussi la principale limite du récit. Les nombreuses informations sur le fonctionnement de la Langue, de l'institution religieuse et des relations entre les protagonistes demandent une attention constante, ce qui ralentit parfois le rythme. Mais une fois les bases posées, l'intrigue gagne en intensité et révèle toute son ampleur.
Résumé
Une fantasy érudite et captivante, où magie, foi et complots se répondent avec intelligence.
🐍 Un premier album aussi ambitieux que séduisant, porté par un univers d'une grande richesse.