La Langue des vipères a clairement quelque chose. L’univers est immédiatement séduisant : une abbaye imaginaire, une magie liée à la parole et aux visions, des intrigues de pouvoir, des rivalités sociales… On sent que Juliette Brocal a voulu construire un vrai monde, pas juste poser deux-trois éléments de fantasy pour faire joli.
Le gros point fort, pour moi, c’est l’ambiance. Le dessin, les décors, les couleurs, tout donne envie de rester dans cet endroit étrange, religieux, presque étouffant. Iodis fonctionne bien aussi : son statut bancal, sa colère, son envie de s’en sortir donnent une vraie tension au récit.
Après, je comprends aussi les réserves qu’on peut avoir. L’album est dense, parfois un peu chargé, et toute la partie autour de la Langue, des règles, des enjeux politiques et religieux peut donner l’impression de ralentir la lecture. J’ai été plus impressionné par l’univers que totalement emporté par l’émotion.
Ça reste une première BD très solide, ambitieuse, visuellement marquante, avec une vraie personnalité. Pas un coup de cœur absolu pour moi, mais une lecture largement au-dessus du tout-venant, et dont on sent le potentiel.
7/10