Boarf déçu.


Je l'ai relue une deuxième fois avant de rédiger ma critique, car l'auteur conseille, dans les bonus de l'album, de le relire afin de mieux comprendre l'enchaînement.


Il est vrai qu'à la première lecture, c'est très décousu, on ne sait pas vers quoi on va et il faut attendre le dernier tiers pour comprendre enfin. Tandis qu'à la deuxième lecture, on sait où on va et l'on amasse ainsi les différents indices. Le processus est intéressant en soi. Mais la narration ?


Pas terrible ! parce qu'au lieu de développer des scènes, on se retrouve avec une multitudes de scènes très courtes et un peu mystérieuses, rien n'est vraiment développé et même les conflits sont absents jusqu'à arriver au climax. Ajoutons à cela des tentatives d'humour ou autres scènes finalement pas si importantes que cela (que ce soit le petit vieux qui se change ou l'intro mortelle ; certes on peut y trouver un sens par rapport au récit général, mais ça reste un peu pauvre). Et donc on s'ennuie face à ce récit peu inspiré, aux personnages peu développés et au déroulement finalement un peu con-con (cette mission officieuse finalement, c'est un peu débile ; il aurait fallu mieux présenter ce général come quelqu'un d'intouchable, ce qui justifierait une telle démarche).


Le graphisme ne m'a pas séduit non plus. Pour moi, Goffaux est au mieux quand il a un dessin plus brut, plus anguleux, moins réaliste... du Max Faccioni quoi ! Ici, son encrage est un peu trop lourd, manque de finesse, les plis de pantalon dont il raffole ne sont pas toujours très bons et donnent même parfois l'impression d'être faux. Le découpage fait fortement penser à du Tome par moment (jeux de mains), est globalement correct, mais comporte quelques idées moins réussies (des perspectives où le bord inférieur de la case sert de sol, par exemple. Certaines perspectives sont faibles, certains mouvements faux. Sur Facebook, le dessinateur a donné un exemple d'intervention de Tome : page 33 dernière vignette, on y voit une rue avec ce que l'on suppose être un clochard ou une victime de coup de couteau ; initialement, le type à terre était montré entièrement, ce qui attirait l'attention plus sur le bougre étalé que sur la voiture. Le dessinateur répète la même erreur plus tard à la page 50, avec ce sac poubelle qui prend trop d'importance (en plus d'une perspective finalement peu utile). Il y a cette page 63 aussi qui est un peu gênante, c'est trop kitsch, mais là c'est à la fois de la narration et du dessin. Enfin, j'ai tiqué sur cette case en page 52, nous dévoilant la tour Eiffel de Las Vegas, une image qui semble avoir été tronquée, le dessin est même pixellisé par endroit ; l'effet est moche, la voiture a l'air aplatie, le décor aussi.


Les couleurs ne sont pas vilaines en soi, il y a même un effet aquarelle assez plaisant alors que tout a été réalisé numériquement il me semble. Malheureusement certains effets de matière marchent moins bien, et d'autres effets numériques (lumières, pluie, ...) déforcent le côté sale.


Bref, j'ai un peu mieux apprécié la seconde lecture, c'est vrai, il n'empêche que ce récit est inutilement alambiqué, que rien n'est vraiment développé et que le graphisme manque de légèreté. Dommage.

Fatpooper
4
Écrit par

Créée

le 24 mai 2021

Critique lue 143 fois

Fatpooper

Écrit par

Critique lue 143 fois

1

Du même critique

Taxi Driver

Taxi Driver

5

Fatpooper

14172 critiques

Critique de Taxi Driver par Fatpooper

La première fois que j'ai vu ce film, j'avais 17ans et je n'avais pas accroché. C'était trop lent et surtout j'étais déçu que le mowhak de Travis n'apparaisse que 10 mn avant la fin. J'avoue...

le 16 janv. 2011

Les 8 Salopards

Les 8 Salopards

5

Fatpooper

14172 critiques

Django in White Hell

Quand je me lance dans un film de plus de 2h20 sans compter le générique de fin, je crains de subir le syndrome de Stockholm cinématographique. En effet, lorsqu'un réalisateur retient en otage son...

le 3 janv. 2016

Strip-Tease

Strip-Tease

10

Fatpooper

14172 critiques

Parfois je ris, mais j'ai envie de pleurer

Quand j'étais gosse, je me souviens que je tombais souvent sur l'émission. Enfin au moins une fois par semaine. Sauf que j'étais p'tit et je m'imaginais une série de docu chiants et misérabilistes...

le 22 févr. 2014