Consciente de devoir s'expliquer sur la cohérence des trois livres de La princesse vagabonde, Xia Da a humblement décidé de le faire sur un résumé en début de livre et sur la postface. Le résumé resitue à propos les personnages des trois livres et permet au lecteur de se remettre dans le bain narratif. La postface est encore plus cruciale puisqu'elle permet de comprendre que Xia Da a délibérément brodé un destin à sa princesse Li puisque la vraie princesse de la dynastie Tang n'apparaît que succintement dans un registre. La grande supposition demeurant bien si l'aînée Li qui a inspiré Li Changge du manhua a survécu au massacre de la porte Xuanwu. Et même avec une supposition pareille, Xa Dia est parvenu à faire un grand manga chinois.
Entre le résumé et la postface, la suite de l'intrigue où la jeune princesse va mieux comprendre ses origines depuis sa capture par le jeune chef de guerre turc. Xia Da revient à un dessin maîtrisé,plus détaillé, ce qui rend la lecture d'autant plus agréable. Elle arrive à nous faire comprendre les tourments identitaires de la jeune Li qui lutte en même temps pour sa propre survie. Fictifs, les développements de la jeune dessinatrice s'avèrent crédibles et subtils. Du travail d'appropriation de l'histoire dynastique chinoise, Xia Da a fait ensuite galoper son imagination à toute vapeur. Pour une mangakana trentenaire, la maturité de son travail est tout simplement bluffante. Cette première trilogie est une perspective à un quatrième livre et d'autres développements possibles seraient les bienvenus.