La série « Yoko Tsuno » comporte 32 albums (depuis 1972). Il fallait un certain courage, à l’époque, au Belge Roger Leloup (37 ans) pour quitter les studios Hergé (après 15 ans de collaboration) pour créer (scénario + dessin, dans la tradition de la ligne claire) une héroïne de bandes dessinées dans le journal Spirou. Les femmes étaient alors peu présentes dans le 9e art : Bécassine (1905) par Jacqueline Rivière et Emile Pinchon, Barbarella (1962) par Jean-Claude Forest, Laureline (1967) par Jean-Claude Mézières et Jean-Claude Christin. Au journal Spirou, François Walthéry l’avait précédé avec « Natacha » (1970), hôtesse de l’air. Comme pour Barbarella et Laureline, Yoko Tsuno, ingénieure japonaise en électronique, connait des aventures imprégnées de science-fiction et de fantastique. « La spirale du temps » (1981) est le 11e album. Roger Leloup revisite le thème du voyage dans le temps, initié par le Britannique H.G. Wells (1866-1946) dans « La machine à explorer le temps » (1895). Comme dans « La fille du vent » (1979), la famille de Yoko Tsuno est présente, d’une part, avec son cousin Izumi qui vit à Bornéo (où elle est venue séjourner quelques jours avec Vic Vidéo et Pol Pitron), et d’autre part, son oncle, le colonel Tōshio Ishida qui dirigeait, en 1943, une garnison japonaise dans l’île des Célèbes (ou Sulawesi, à l’est de Bornéo) et collaborait avec le Pr Minaï qui travaillait sur l’antimatière (première étape éventuelle dans l’élaboration d’une bombe à contraction) dans la montagne du dragon.