Je m'en veux un peu : à la fin de la lecture de La Traversée, il y avait marqué que Clement Paurd avait bossé dessus de 2008 à 2018. J'espère pour lui que c'était par intermittence, car j'ai dévoré l'intégralité des 250 pages de la bd en à peine deux sessions de moins d'une demi-heure.
La bd est, il faut le dire, assez prenante, et suit le parcours de ce que l'on pense être deux soldats de la première guerre mondiale (mais peut-être pas) qui tentent de rejoindre une sorte de champs de bataille lointain. Ils vont alors croiser toute sorte de choses : un petit chien perdu, un paysan et sa mère devant leur maison en feu, des aubergiste appeurés, des croques morts, etc... Le tout est marqué par une guerre dont on ne voit pas les combats mais qui laisse des traces sur tout ceux qui l'ont croisée.
Le livre est ultra-mélancolique, mais est contrebalancé par le trait très simple de Praud et par une forme presque ludique : on s'amuse à les suivre d'abord de gauche à droite, puis dans des tunnels où la discussion est en zig-zag, puis dans l'auberge où l'on suit simultanément les actions de tous les protagonistes chacun dans leur pièce. Étrangement le début m'a fait penser à un jeu comme Limbo, avec cette impression de suivre la marche d'un personnage de gauche à droite, sans en connaître vraiment le but, mais où tout ce que tu sais c'est que ce qu'il va croiser risque d'être déplaisant.
Alors, si ça n'a pas été le coup de coeur instantané (je m'en veux de l'avoir lu trop vite) je comprends que cette bd ai pu marquer pas mal de gens.