C’est un manga vraiment déconcertant… un étrange mélange de féminisme et d’anti-fascisme (tout à fait justifié ici bien sûr dans ce Japon qui se militarise à tout va, vers la fin du XIXème siècle…). On trouve également beaucoup de violence, pour ne pas dire d’ultra violence (elle découpe énormément, la vengeresse, une vraie boucherie !…).
Elle se désape aussi étonnamment souvent, afin d’attirer et/ou détourner l’attention… puis elle fait le coup du parapluie (bulgare)… ou plutôt de l’ombrelle. C’est très bien qu’elle se désape mais… pas quand le dessinateur ne sait pas dessiner le corps féminin ! parce que là, franchement, c’est tellement moche, clairement, il ne sait pas le gars.
Le dessin reste d’une manière générale assez médiocre, au mieux moyen ou quelconque, au pire carrément mauvais, parfois… D’ailleurs, l’action s’avère très brouillonne et souvent répétitive (elle découpe, elle découpe… à tour de bras). Certes, c’est un manga ancien mais tout de même.
A part ça, les raccourcis sont un brin faciles au cours de cette quête de vengeance tant d’années après (puisqu’elle venge sa mère), ce qui ne manque pas de laisser le lecteur régulièrement incrédule quant au cours des évènements.
La dernière partie est sans doute de trop pour sa part, cet arc de la rédemption de la furie sur la ‘voie du massacre’… et c’est cette partie qui prend un tournant résolument politique, et de fait un peu décalé par rapport à la trame principale. On apprend néanmoins bien des choses sur le Japon de cette époque, et on voit que l’auteur s’est documenté à ce sujet.
Au final, ce manga reste mi-figue mi-raisin et toujours un peu excessif entre sa cruauté exacerbée, sa violence tous azimuts et une guimauve assez prononcée. C’est percutant et tout à fait saisissant mais… un peu trop déconcertant, sans mentionner le fait qu’on trouve le temps un peu long également, surtout vers la fin.