Pour une fois Tardi s'efface un peu devant le scénariste, qui signe un avant-propos.
L'intrigue mêle une trâme assez proche du Comte de Monte Christo à la trame historique. Les personnages principaux : Bassicoussé, Tarpagnan, la Pucci, Fil de Fer, etc... croisent de grandes figures comme Vallès, Clémenceau, Louise Michel, Courbet. Il y a un aspect feuilleton à la "Mystères de Paris" ou je ne sais quoi, puisqu'à la fin de chaque tome Tardi place une page avec des interrogations délibérément ridicules sur les protagonistes. On retrouve le ton parodique des Adèles Blanc-Sec de la fin, ainsi que le procédé assez honteux du recyclage de case.
Le dessin de Tardi devient un peu plus lâche, mais reste très évocateur. Quel autre dessinateur peut dessiner aussi bien Paris ? Certaines cases sont faites d'après des cartes postales de l'époque. Cela dit, la BD est davantage un polar qui se passe à l'époque de la Commune qu'un ouvrage dédié à la Commune. Peu de temps est consacré à l'exposé des causes de l'insurrection, ou à la manière dont la Commune tente et échoue à s'organiser. Au final, donc, c'est une reconstitution vivante mais je n'irais pas jusqu'à la qualifier de BD historique.
A propos de l'argot : y'en a un peu trop à mon goût, parfois ça flirte plus avec les films de Lautner qu'avec le XIXe.