Voici une bande dessinée qui m’a profondément marqué. Le Dieu Fauve m’a saisi dès les premières pages, et je l’ai refermée avec cette impression rare d’avoir pris une claque.
Difficile de définir précisément ce qui la rend aussi percutante, mais son efficacité est indéniable, notamment dans les scènes d’action, d’une tension remarquable, portées par un rythme très maîtrisé.
Graphiquement, l’album est somptueux. Les décors sont superbes, mais ne prennent jamais le pas sur l’essentiel. Ce sont surtout les couleurs qui m’ont frappé : de grands aplats, puissants, toujours au service de l’émotion ou de la narration. Il suffit qu’un personnage se laisse envahir par la colère pour que le rouge prenne toute la page — un choix simple mais redoutablement juste. Les ombres sont également d’une grande finesse, et l’ensemble dégage une cohérence esthétique assez remarquable.
Le récit se construit en plusieurs chapitres, avec un épilogue qui clôt l’ensemble de manière forte. On suit différents personnages, tous liés au dieu fauve, qu’on découvre dans un premier chapitre introductif. L’histoire aborde des thèmes durs : la violence, l’asservissement, la répétition des schémas destructeurs. Ce n’est pas une lecture à mettre entre toutes les mains, mais c’est une œuvre puissante, dérangeante par moments, et surtout terriblement humaine.
Une lecture que je recommande vivement.